Les acteurs de la Place souhaitent que MIF 2 aille plus loin pour garantir la transparence

le 02/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ils regrettent que la Commission accorde trop de dérogations à la transparence et ne mette pas en place directement une «consolidated tape»

Les représentants de la place de Paris attendent des politiques européens qu’ils revoient leur projet de révision d’organisation des marchés financiers (MIF 2) de manière à ce qu’il apporte davantage de transparence. C’est du moins l’un des thèmes abordés lors d’une conférence organisée mardi par l’Association française des professionnels de titres (AFTI), qui représente les acteurs du post-marché, et Equinox Consulting.

Le chemin est encore long à parcourir avant que soit achevée la révision de la directive qui a brisé le monopole des Bourses en 2007. La Commission a présenté une directive et un règlement en octobre dernier. Mais ce n’est pas avant fin 2014 que les textes devraient être mis en œuvre, selon la représentante de la Commission, Valérie Ledure.

De quoi laisser le temps aux professionnels de plaider pour des changements. Certains attendaient de MIF 2 qu’elle limite les exemptions à la transparence pré-négociation pour assurer aux acteurs le plus de visibilité possible sur la formation des prix. Edouard Vieillefond, secrétaire général adjoint à l’AMF regrette que la Commission ne propose pas d’encadrer certaines dérogations à ses yeux injustifiées, comme celle dite « prix de référence ». Pour l’AMF, comme pour Emmanuel de Fournoux, directeur à l’Association Française des Marchés Financiers (AMAFI), l’autorité européenne des marchés financiers (ESMA) ne dispose pas d'assez de pouvoirs, notamment face aux régulateurs nationaux, pour harmoniser les règles de transparence pré-négociation.

L’autre sujet d’inquiétude est celui de la transparence post-négociation. Les acteurs de la place souhaitent la création d’une «consolidated tape», c'est-à-dire d’une base de données qui recenserait toutes les transactions effectuées sur les différents marchés européens et permettrait d’y voir plus clair sur les volumes et les prix échangés. La Commission est d’accord sur le principe mais compte laisser un ou plusieurs professionnels développer cette base de données. Elle se réserve seulement la possibilité d’imposer une solution unique européenne, à l’occasion de la révision du texte au bout de deux ans, au grand dam de l’AMF. «C'est ce genre de prestations que j’ai du mal à voir dans le domaine du privé», a expliqué de son côté Alain Pochet, directeur des activités de post-marché chez BNP Paribas Securities Services.

A lire aussi