Le marché européen du carbone aborde une année décisive

le 23/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BlueNext compte sur les nouvelles réglementations et l’amélioration de la sécurité pour redynamiser un marché qui reste déprimé

Cotation du carbone sur le site de Bluenext. Photo: PHB/Agefi

L’année 2012 s’annonce cruciale pour le marché du carbone qui a pâti de la crise et dû faire face à des vols de quotas l’an dernier. BlueNext, la Bourse détenue par Nyse Blue et la Caisse des Dépôts, attend beaucoup des réglementations à venir pour soutenir un peu les prix et rétablir la confiance dans le marché. Elle compte aussi se développer sur le segment de la mise aux enchères de quotas et sur le marché des futures.

La crise s’est clairement fait sentir sur le marché. Les usines tournant moins, la tonne de carbone s’échangeait à 7,07 euros vendredi dernier, environ moitié moins qu’il y a un an. «On alloue chaque année les quotas mais on ne modifie jamais le plafond en fonction des données macroéconomiques», regrette le PDG de BlueNext, François-Xavier Saint-Macary. Il plaide aussi pour que le nombre de permis à polluer soit ajusté en fonction des gains en efficacité énergétique réalisés par les usines. Signe d’espoir, les députés européens pourraient décider au printemps d’amender le projet de directive efficacité énergétique, pour réduire le nombre de quotas en circulation et augmenter l’objectif annuel de réduction des émissions de CO2.

BlueNext est également en train de répondre aux appels d’offres pour monter les plates-formes qui permettront d’allouer les quotas aux enchères à partir de 2013, alors qu’ils sont généralement alloués gratuitement aujourd’hui. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne ont décidé d’avoir leurs propres plates-formes, à côté de la structure pan-européenne. Pour décrocher le contrat et être bien positionné en vue d’une éventuelle consolidation des marchés, BlueNext compte faire valoir son statut de leader sur le marché du carbone au comptant.

La fraude à la TVA a valu à BlueNext une ardoise fiscale de 32 millions d'euros. Et après l'affaire de vol des quotas, la confiance dans le marché a encore été ébranlée. Pour rassurer, la Bourse a mis en place une zone d’échanges sécurisés «safe harbour» en mai dernier. Elle devrait être arrêtée lorsque le registre européen sécurisé sera mis en place mais celui-ci, prévu pour ce début d'année, ne devrait pas être fonctionnel avant l'été. Sur ce point comme sur les autres, les acteurs du marché du carbone attendent des avancées rapides. «La crédibilité de ce marché est en jeu», souligne François-Xavier Saint-Macary. La Bourse espère pouvoir revenir sur le marché des contrats futures, qu’elle avait suspendu en janvier 2010.

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