Les obligations américaines bénéficient du soutien intangible de la Fed

le 20/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les achats nets étrangers de Treasuries ont rebondi à 54 milliards de dollars en novembre malgré des ventes nettes de 1,5 milliard de la part de Pékin

Investisseurs inquiets et appui de la Fed soutiennent les achats de dette américaine. D’après les chiffres du département du Trésor, les achats nets de titres d’Etat américains (Treasuries) ont rebondi à 54 milliards de dollars en novembre 2011, après 15,3 milliards le mois précédent. Les investisseurs privés étrangers ont été particulièrement actifs avec des achats nets de 28,1 milliards après 18,6 milliards en octobre. «Les investissements étrangers en titres américains ont rebondi fortement en novembre, compensant une performance particulièrement terne en octobre», énonce ainsi BNY Mellon Global Markets. Quelques mois après la perte du AAA par S&P, l’adjudication d’obligations à 10 ans du Trésor américain la semaine dernière a été servie à un taux historiquement faible de 1,90%. «Il y a peu de doute que l’opération Twist de la Fed permette de conserver des taux bas», précise Deutsche Bank.

Depuis août dernier, les investisseurs étrangers ont néanmoins cédé 95 milliards de Treasuries, dont 68 milliards dans les six dernières semaines avec le renforcement du billet vert et les sorties de capitaux des pays émergents. «La baisse des réserves de précaution des pays émergents, couplée à la hausse du dollar, suggère que la composition des détentions de titres américains changent», estime Marc Chandler, responsable change chez Brown Brothers Harriman.

Fait nouveau : le Japon est en passe de ravir à la Chine son titre de premier créancier des Etats-Unis. Les détentions nettes de dette américaine par la Chine ont fondu de 1,5 milliard en novembre, à 1.133 milliards. En octobre, Pékin avait déjà réduit son exposition à la dette américaine de quelque 14,2 milliards, traduisant la volonté des autorités de diversifier leurs réserves de change en intervenant sur toutes les maturités de la courbe. Une tendance qui devrait se poursuivre, la Chine ayant enregistré fin 2011 son premier trimestre de baisse des réserves de change depuis 1998.

Dans le même temps, recyclant ses dollars acquis lors de son intervention sur le marché des changes en octobre, la BoJ a renforcé ses détentions d’obligations américaines de 60 milliards à 1.039 milliards en novembre, à seulement 94 milliards des positions nettes des créanciers chinois. Hong Kong et la Russie ont également été vendeurs nets de Treasuries, ainsi que la Suisse depuis que sa banque nationale a fixé un plafond au franc face à l'euro.

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