Pékin offre aux PME chinoises un plus large accès aux capitaux étrangers

le 17/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Chine prévoit d’assouplir les règles d'IPO de sociétés chinoises à Hong Kong et un élargissement de l'accès au yuan par les investisseurs étrangers

Pékin accélère encore l’internationalisation du yuan. Les autorités de régulation chinoises prévoient d’assouplir les règles à Hong Kong permettant aux sociétés chinoises de s’y introduire. «La Commission chinoise de régulation des marchés (CSRC) va réviser les règles d’introduction en Bourse à Hong Kong cette année afin de simplifier les procédures et gommer les contraintes, assurant ainsi des conditions satisfaisantes pour les PME et les sociétés privées chinoises désireuses de s’introduire en Bourse à l’étranger» a précisé hier Yao Gang, vice-président de l’organe. «Un point clé pour apporter aux PME des capitaux qui leur permettront de se muer en grosses sociétés», estime Dragonomics.

Le premier ministre Wen Jiabao avait indiqué le mois dernier que les entreprises chinoises subissent actuellement une hausse du coût du crédit. Le taux monétaire à 6 mois est ainsi passé de 3,66% à 5,42% en un an. La Chine a été le plus gros marché des IPO en 2011 avec un montant total cumulé de 286 milliards de yuans levés à Shanghai et Shenzhen, selon PricewaterhouseCoopers. Néanmoins, les premières introductions de sociétés chinoises à Hong Kong ont permis de lever 13,1 milliards de dollars l’an dernier, soit 59% de moins qu’en 2010, selon Bloomberg.

Mais la libéralisation ne s’arrête pas aux PME. La CSRC envisage de permettre à certaines institutions, sous le programme «RQFII» qui permet à des investisseurs institutionnels étrangers d’investir en renminbi, d’émettre des ETF ayant des actions de classe A comme sous-jacents. Les quotas pesant sur les flux de capitaux étrangers entrant et sortant de Chine, fixés à environ 20 milliards de yuans en décembre, devraient être élargis. «Même si le yuan n’est pas entièrement convertible, nous avons lancé les programmes QFII et QDII (investisseurs domestiques) et nous allons poursuivre leur extension», indique Yao Gang.

Un programme qui devrait accroître la concurrence entre les fonds internationaux et chinois. En ayant la possibilité de rapatrier des devises chinoises sur le marché local,«les gérants ont la possibilité d’avoir accès au marché large et en forte croissance des devises accumulées dans le système bancaire à Hong Kong» et profiter de taux plus attractifs, estime Mark Konyn, membre du FTSE. Les dépôts en yuans détenus dans les banques à Hong Kong étaient de 622 milliards fin novembre 2011.

A lire aussi