Les risques inflationnistes n'inquiètent plus les pays d'Amérique Latine

le 13/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale du Chili a pris les marchés par surprise en baissant son taux directeur de 25 pb à 5%, pour la premières fois depuis juillet 2009

Les Sud-américains se mettent au diapason de la crise. La banque centrale du Chili a surpris les investisseurs en baissant son taux directeur de 25 points de base pour le ramener à 5%. Une première depuis juillet 2009, alors que 16 des 20 économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un statu quo. Pourtant, à 4,4% en décembre, l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2% à 4%, et des 3,9% prévus par la banque centrale. Dans le même temps, la croissance devrait tomber à 4% en 2012 après 6,2% en 2011, selon l'institution, qui évoque des «conditions de financement pour nombre d’agents (qui) restent plus restrictives qu’il y a quelques mois». Le prix du cuivre, le bien le plus exporté du pays, a chuté de 21% l’an dernier. «Les effets de la crise externe nous a affecté» reconnaît le ministre des finances Felipe Larrain.

«Les évolutions futures de la politique monétaire dépendra de l’impact des conditions macroéconomiques domestiques et externes sur les perspectives d’inflation» indique la banque centrale. Alex Pigatto, trader chez Nomura Securities anticipe un taux à 4,25%d’ici la fin de l’année. Le peso se renforçait cette nuit de 1,2% à 499,89 pour un dollar, soit un gain de 3,9% depuis le début du mois. Une reprise de la devise qui permet d’atténuer les tensions inflationnistes après une chute de 9,9% l’année dernière.

Hier, la banque centrale du Pérou a maintenu son taux directeur inchangé à 4,25%. «Cette décision tient compte du ralentissement de la croissance, des risques financiers internationaux et du fait que l’accélération de l’inflation est principalement due à des effets temporaires» indique le communiqué de la banque centrale qui anticipe un ralentissement de la croissance de 6,8% en 2011 à 5,5% en 2012. L’inflation a atteint 4,74% en décembre, et le sol a atteint lundi son plus haut niveau depuis avril 2008, à 2,6910 contre dollar.

Le Brésil avait initié l’assouplissement monétaire dans la région en coupant le taux Selic de 150 pb depuis août dernier à 11% pour relancer la croissance. Il pourrait être réduit à 10,5% la semaine prochaine si le gouvernement se tient à ses objectifs budgétaires 2012, selon le Correio Braziliense.

Signe que l’inflation n’est plus la priorité dans la région : au Mexique, où la devise a dévissé de 14% contre dollar depuis juin dernier, le gouverneur de la banque centrale, Manuel Ramos Francia, estimait hier que les prix avaient «très bien» absorbé les chocs de la devise.

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