L’Italie et l’Espagne cherchent la reconnaissance des efforts consentis

le 11/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mario Monti réclame dans un entretien à Die Welt des concessions de la part de l'UE, alors que l'Espagne tient aujourd'hui une «journée investisseurs»

L’Italie est la ligne de front de cette crise». Tel est le constat fait hier par David Riley, responsable chez Fitch alors que l’agence envisage de dégrader la note de plusieurs pays européens, dont l’Italie et l’Espagne. L’Italie doit émettre 440 milliards d’euros cette année alors que le rendement à 10 ans des obligations était de 7,13% hier, soit un écart avec le Bund allemand de 525 bp. Mais Fitch pointe du doigt les insuffisances des négociations européennes qui, au stade actuel, ne constituent pas un «bouclier crédible» contre la crise.

Une opinion partagée par le chef du gouvernement italien dans un entretien accordé aujourd’hui au journal Die Welt, avant sa rencontre avec Angela Merkel. «Le problème est qu'en dépit de ces sacrifices, nous ne voyons pas de concessions de la part de l'Union Européenne, sous la forme par exemple de taux d'intérêt plus faibles» estime Mario Monti. Et d’ajouter que «ma politique ne pourra pas réussir si les politiques de l'UE ne changent pas. Si cela ne se produit pas, l'Italie, qui a toujours été un pays pro-européen, pourrait tomber entre les mains de populistes». Mario Monti renvoie la France et l’Allemagne à leurs responsabilités avant le Conseil européen du 30 janvier, en estimant que les libertés prises dans le passé avec les limites de déficits fixées par le traité de Maastricht constituent «la pire erreur dans l'UE de ces dix dernières années».

De son côté, l’Espagne tient boutique ouverte. Les trente plus importantes sociétés du pays, accompagnés de ministres du gouvernement et du roi Juan Carlos tiendront aujourd’hui une «journée investisseurs de l’Espagne» destinée à vanter les efforts consentis en matière budgétaire par le pays et attirer les investissements étrangers. L’indice Ibex 35 a cédé 13,3% l’an dernier. Les sociétés espagnoles «ont encore besoin de capitaux, et cela passe par le fait de convaincre que l’Espagne constitue un investissement solide de long terme» estime Robert Tornabell, professeur à l’Esade Business School.

La baisse récente de l’euro est en ce sens une aubaine « pour la moitié des exportations destinée à d’autres pays que ceux de la zone euro» selon Natixis. A Tokyo, l’euro cédait 0,2% contre dollar à 1,2749 et contre yen à 98,04, avec des positions vendeuses d’euro atteignant des niveaux historiquement élevés de 128.000 contrats futures, indiquant une poursuite du mouvement.

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