La BCE se limitera à un discours accommodant jeudi

le 11/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une nouvelle baisse de taux est plutôt envisageable en mars. Quelques jours plus tôt, la BCE aura procédé à sa nouvelle LTRO à trois ans

Demain, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, ne fera pas autant d'annonces que lors de ses deux premières conférences de presse de fin 2011. En novembre et décembre 2011, il a baissé de 50 points de base au total le taux de référence de la BCE à 1 % et dévoilé une palette de mesures pour assurer le refinancement des banques. Fin décembre, la BCE a prêté 489 milliards d'euros à trois ans aux banques européennes. Et elle recommencera l'exercice le 29 février prochain.

D'ici là, les économistes n'attendent pas de nouvelles mesures fortes de la part de la banque centrale. Concernant la politique monétaire conventionnelle, «nous attendons un communiqué très accommodant», explique Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB. Avec le ralentissement de l'inflation, anticipé par la BCE, l'environnement est propice à un nouvel assouplissement. JPMorgan table ainsi sur deux baisses de taux de 25 pb en mars et en juin, lorsque les prévisions de la banque centrale seront mises à jour.

Les spécialistes n'attendent pas non plus de nouveautés jeudi du côté des mesures non conventionnelles, sachant que certains des assouplissements annoncés le 8 décembre dernier ne seront effectifs qu'à partir de mi-janvier.

Il n'empêche que Mario Draghi devra répondre aux questions sur les dernières mesures, en particulier l'utilité de la dernière LTRO. Les banques ont massivement placé les liquidités empruntées à trois ans le 21 décembre dernier sur la facilité de dépôt de la BCE (482 milliards d'euros mardi), plutôt que de les investir, comme souhaité par les autorités, dans la dette souveraine ou dans l'économie. Le taux de rémunération de la facilité de dépôt (0,25% aujourd'hui) pourrait donc être évoqué.

Mais il semble que les établissements gardent surtout les liquidités empruntées pour faire face aux importantes tombées de dettes du premier trimestre. Celles-ci s'élèvent à 230 milliards d'euros. Or, l'opération de la BCE a apporté, en net, 200 milliards d'euros de financements aux banques.

Mario Draghi sera aussi interrogé sur le programme de rachat de titres de la BCE, qui s'élève à présent à 213 milliards d'euros. D'après RBS, il devrait de nouveau déclarer que ce programme n'est ni éternel, ni illimité. Enfin, il devra s'exprimer sur le projet de prêts bilatéraux des banques centrales nationales au FMI, annoncé début décembre mais qui peine à voir le jour.

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