Le segment du high yield devrait éviter le pire en matière de défaut en 2012

le 03/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les entreprises ont renforcé leur structure ces deux dernières années, ce qui les rend plus résistantes

Les défauts d'émetteurs à haut rendement se sont multipliés en fin d'année dernière. La deuxième semaine de décembre a été la période la plus chargée en défaillances depuis 21 mois, d'après l'agence de notation Standard & Poor's. Compte tenu des cinq défaillances de la deuxième semaine de décembre, le taux de défaut devrait passer de 1,7 % sur douze mois à fin novembre à 1,9 % en 2011 à l'échelle mondiale.

«Ceci marque une rupture avec la baisse continue du taux de défaut sur les huit derniers mois», soulignent les analystes de l'agence. Depuis le pic à 13 % en 2009, la sinistralité s'était en effet progressivement réduite. En 2012, elle pourrait repartir à la hausse.

La crise de la dette dans la zone euro s'est traduite par un durcissement des conditions d'emprunt, qui, généralement, entraîne une augmentation des incidents de paiement. Par ailleurs, les indices de CDS intègrent des taux de défaut beaucoup plus élevés que les niveaux actuels. Le taux de défaut implicite de l'iTraxx Crossover qui suit l'évolution du coût de la protection contre le risque de défaut sur les émetteurs européens les plus risqués, ressort à 13% environ, contre un taux réel de 2,5% à fin novembre en Europe d'après Moody's.

Toutefois, les spécialistes ne sont pas inquiets. «Il est parfaitement défendable, en dépit des incertitudes majeures qui entourent l’avenir immédiat du système économique et financier mondial, que les prévisions de défaut publiées par les agences de notation restent pour l’heure, même dans un scénario stressé, bien inférieures à ce qu’elles étaient en 2008/09», d'après la recherche crédit de Natixis.

De fait, les émetteurs sont à présent «mieux armés». Sur les deux dernières années, les entreprises sous LBO ont nettement renforcé leurs structures de capital, souligne Deutsche Bank. De plus, les entreprises ont activement mené des restructurations et renégocié leurs covenants, en particulier en Europe. Enfin, les tombées seront encore limitées l'an prochain.

Par conséquent, d'après la banque allemande, le taux de défaut ressortira à un niveau inférieur ou égal à la moyenne historique, qui est d'environ 5%. SG CIB prévoit même une stabilité des défauts, à 2,5%.

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