La part de l'euro baisse dans les réserves de change

le 03/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon les statistiques du FMI, le poids de la monnaie unique dans les réserves déclarées s'est rétracté de 26,6 % à 25,7 % en un an

La crise de la dette souveraine a érodé la confiance dans l’euro. Selon les statistiques compilées par le FMI et la BRI, la part de l’euro dans les réserves de changes mondiales dont l’allocation est connue a reculé à son plus bas niveau depuis trois ans à la fin du troisième trimestre 2011, à 25,7% contre 26,6% un an plus tôt. Les banques centrales des pays émergents ont ainsi réduit leur exposition à la monnaie unique de 28,7% fin septembre 2010 à 28% fin septembre 2011, et celles des économies avancées de 24,7% à 23,8% dans le même temps.

«L’effet de la dépréciation de l’euro l’a largement emporté sur l’accumulation d’euros dans les réserves de changes», nuance cependant Nomura. La banque estime que l’intervention de la banque centrale suisse a, à elle seule, pesé à hauteur de 40 milliards de dollars sur les 37 milliards d’euros accumulés au troisième trimestre. Une tendance qui, pour l’heure, ne remet cependant pas en cause le rôle de l’euro comme monnaie de réserve alternative au dollar. Sa part dans les détentions totales était de 18,9% en 2001.

Le recul du poids de l’euro a profité au dollar, dont la part dans les réserves de changes mondiales a progressé dans le même temps de 1,4 point à 61,7%, soit une hausse de 7,5% en un an. Un poids qui reste cependant à relativiser, le billet vert représentant 71,5% des réserves totales en 2001. De plus, comme le note Nomura, cette hausse du poids du dollar dans les réserves de change est tirée par «la dépréciation de l’euro et l’intervention de la Banque du Japon» en août évaluée à 60 milliards de dollars. A noter, la volonté des banques centrales de mieux diversifier leurs réserves avec le rebond de la part des «autres devises» dans les réserves totales de 4,2% à 4,8% en un an, ainsi que celle du yen qui passe de 3,5% à 3,8%, avec là aussi un effet change.

Les réserves de change ont connu une quasi-stagnation à 10.177 milliards de dollars fin septembre 2011, soit une hausse de moins de 1%. La Chine, qui ne publie pas la répartition de ses réserves de change, entend donner un coup d’accélérateur à l’accroissement du rôle du yuan comme monnaie de réserve mondiale, comme le montre l’accord conclu le 25 décembre avec le Japon qui prévoit d’utiliser dorénavant le yen et le yuan pour les échanges commerciaux entre leurs deux pays, jusqu’ici effectués à 60% en dollars et dont le volume a atteint 300 milliards de dollars en 2010.

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