Les banques se positionnent en vue de l'opération à 36 mois de la BCE

le 14/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La demande pour le financement à 7 jours a grimpé hier à 291,6 milliards d'euros, les banques se préparant à emprunter à trois ans le 21 décembre

Le stress sur le marché monétaire reste fort malgré les annonces faites par la Banque centrale européenne la semaine dernière. Le spread Euribor - taux de swaps au jour le jour (OIS) à 3 mois, qui traduit les tensions dans le marché à l'égard du risque de contrepartie, ressort à 95 points de base (pb) après avoir atteint un sommet à 100 pb fin novembre, le plus haut niveau depuis mars 2009. Et la très large utilisation de la facilité de dépôt de la BCE reflète toujours le manque de circulation des liquidités. Un montant record pour 2011 de 346 milliards d'euros y était placé le 12 décembre. «La moyenne sur 22 jours, qui fournit une bonne estimation de la liquidité excédentaire, s'élève à 258 milliards d'euros, un niveau toujours inférieur au record de juin 2010 à 300 milliards d'euros», précisent les stratégistes de SG CIB.

L'opération de financement à trois ans que la BCE mènera le 21 décembre permettra, dans ce contexte, aux banques de sécuriser quatre passages de fin d'année, jusqu'en janvier 2015, avec une option de remboursement au bout d'un an si la situation s'améliore. Les résultats des refinancements à 7 et 35 jours menés hier montrent que les emprunteurs se sont préparés à utiliser cette facilité exceptionnelle en se positionnant sur l'opération la plus courte, qui arrivera justement à maturité mercredi prochain.

Ainsi, la demande pour l'opération à un mois est en baisse. Alors que 55,5 milliards d'euros arrivaient à maturité, les établissements n'ont renouvelé leurs lignes qu'à hauteur de 41,2 milliards. Le nombre de banques participantes est passé de 47 à 42.

Les 14,3 milliards qu'elles n'ont pas refinancés à un mois ont certainement été reportés sur l'opération à sept jours. Cette dernière a attiré une demande de 291,6 milliards, bien au-dessus des 252,1 milliards arrivés à maturité hier et des estimations des spécialistes.

La prochaine opération à 36 mois devrait donc attirer une importante demande. «Elle sera flexible puisque les banques pourront rembourser à partir de janvier 2013. Et elle sera peu chère car les taux devraient rester bas pendant une longue période, explique Frédérik Ducrozet, économiste pour la zone euro de Crédit Agricole CIB. Nous nous attendons à une demande minimum de 100 milliards, mais loin des 442 milliards demandés en juin 2009 car l'excès de liquidité s'élève déjà à 300 milliards.»

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