Le Japon demeure fragilisé par le ralentissement mondial

le 22/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a accusé un déficit commercial de 273,8 milliards de yens en octobre, contre un excédent de 39,9 milliards anticipé par le consensus

Le répit sur la croissance japonaise aura été de courte durée. Après être sortie d’une série noire de trois trimestres consécutifs de contraction avec une croissance de 1,5% au troisième trimestre, l’économie nippone a accusé un déficit commercial de 273,8 milliards de yens sur le mois d’octobre. Un chiffre d’autant plus décevant que le consensus Reuters anticipait un excédent de 39,9 milliards. En cause, la crise de la dette européenne, la force du yen et les inondations en Thaïlande.

Les exportations ont reculé de 3,7% en octobre en rythme annuel, après une hausse de 2,3% en septembre. A 100,2 milliards de yens, l’excédent commercial vis-à-vis de l’Europe est tombé à son plus faible niveau depuis 1979, du fait notamment d’une baisse des exportations de 2,9% sur un an. Les exportations vers la Thaïlande sont en baisse de 5,1%, alors que celles à destination de la Chine se contractaient à un rythme de 7,7% sur un an.

Le parlement japonais a voté hier matin le troisième collectif budgétaire, qui comprend une rallonge budgétaire globale de 12.100 milliards, dont 9.200 milliards affectés aux travaux de reconstruction et 500 milliards pour inciter les sociétés touchées par la force du yen à conserver leurs entreprises et les emplois dans l’archipel. En octobre, le yen s’est pourtant affaibli de 7,3% contre euro à 108,33 et de 2,3% contre dollar à 78,37. Depuis, il s’est repris de 4,6% contre euro à 103,38 et de 2% contre dollar à 76,81, augurant un nouvel affaiblissement du commerce extérieur.

Parallèlement, les minutes de la BoJ ont révélé que les risques de dégradation de la conjoncture au Japon augmentent et que la banque centrale pourrait augmenter de «manière significative» ses achats d’actifs. L'un de ses membres, Ryuzo Miyao, a même proposé dès la réunion d’octobre, une augmentation des achats de titre d’Etat de 10.000 milliards de yens. Une mesure rejetée au profit d’une hausse des rachats limitée à 5.000 milliards.

Le Premier ministre a en outre exhorté ce week-end ses partenaires asiatiques à prendre des mesures supplémentaires afin d’éviter une contagion de la crise de la dette. «Il ne fait aucun doute que nous pourrions subir un impact adverse si nous ne construisons pas un pare-feu contre la crise européenne» a estimé Yoshihiko Noda. Les pays de l’Asean (dont le Japon et la Chine) ont créé un fonds commun de précaution de 120 milliards de dollars.

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