Berlin s'arc-boute sur son refus d'une extension du rôle de la BCE

le 21/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Seules les interventions de la banque centrale sur le marché secondaire ont pourtant permis vendredi une relative détente des rendements

Légende : Angela Merkel et David Cameron le 18 novembre 2011.

La cacophonie en zone euro sur le rôle de la BCE dans la résolution de crise atteint des sommets. Côté allemand, où l’on s’oppose résolument à tout programme massif de rachat d’obligations, la crispation est à la mesure de l’isolement croissant de Berlin sur cette question. En témoignent les déclarations du patron de l'agence de la dette allemande le 17 novembre (L'Agefi Quotidien du 18 novembre).

«Il n'y a aucune raison pour la BCE de se hâter de déployer sa puissance de feu. Si nous faisions cela, le calme sur les marchés ne durerait au mieux que quelques semaines», a déclaré vendredi Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand. La Bundesbank, de son côté, est à nouveau montée au front. Directement, par la voix de son nouveau président Jens Weidmann, qui a une nouvelle fois rejeté toute extension du mandat de la BCE. De manière plus insidieuse, estiment certains observateurs, à travers un article publié vendredi dans le FAZ, réputé proche de la ligne défendue par la banque centrale allemande. Le quotidien a révélé que la BCE se serait fixé une limite d’intervention quotidienne de 20 milliards d’euros sur le marché obligataire, ce qui équivaut à agiter le chiffon rouge devant les investisseurs.

Outre Jens Weidmann, plusieurs membres de la Banque centrale européenne ont eux aussi rejeté vendredi les appels à un véritable programme d’assouplissement quantitatif. A commencer par son président Mario Draghi, qui a exhorté les gouvernements à mettre en œuvre les réformes annoncées et notamment celle du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

«Le problème pour les marchés est de savoir s’il faut prendre ces commentaires au premier degré, s’ils font partie d’une tactique politique plus large, ou s’ils peuvent changer au cas où il faudrait choisir entre une BCE plus agressive et l’effondrement de l’euro, note Jim Reid, stratégiste de Deustche Bank. Or il est difficile d’envisager un autre scénario que celui de défauts souverains à grande échelle sans intervention agressive de la BCE».

Une chose est sûre, la banque centrale continue, en coulisses, à acheter de la dette souveraine. Ces interventions, vendredi encore, ont permis de ramener à 6,6% les taux à 10 ans italiens. Par ricochet, le marché obligataire s’est détendu, le spread OAT-Bund repassant sous la barre des 150 points de base après avoir touché les 200 pb le 17 novembre.

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