Le nouveau gouvernement italien doit encore convaincre les marchés

le 17/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mario Monti, qui est aussi ministre des Finances, doit présenter son programme économique aujourd'hui. Les taux italiens ne baissent pas

Mario Monti, président du Conseil et ministre des finances. Photo: Alessandra Pierdomenico/Bloomberg

Mario Monti ne peut pas desserrer les dents. Alors qu’il présentait hier son nouveau gouvernement, les taux italiens sont toujours au sommet. Et les banques du pays auraient demandé à la BCE de leur fournir davantage de liquidité.

Successeur de Silvio Berlusconi à la présidence du Conseil, Mario Monti s’est aussi arrogé le portefeuille de ministre des Finances. L’ancien commissaire européen a formé un gouvernement de 16 membres, tous techniciens. Y figure notamment, le PDG de la banque Intesa Sanpaolo, Corrado Passera, en tant que ministre de l’Industrie et des Infrastructures. Conformément aux règles de l’entreprise, il a été remplacé par le directeur général adjoint, Marco Morelli.

Mario Monti a expliqué qu’il comptait se maintenir jusqu’à la fin de la législature en 2013. Il doit présenter son programme aujourd’hui devant le Sénat. «Nous nous attendons à ce que la priorité soit donnée aux privatisations, aux mesures pour encourager la concurrence, à une réforme du marché du travail et un plan plus incisif pour les retraites», écrivaient les économistes d’UniCredit hier. Il pourrait également annoncer un nouveau tour de vis budgétaire.

Le nouvel exécutif devrait obtenir sans difficulté la confiance des deux assemblées. «Tout cela, je le crois, va se traduire par un apaisement sur les marchés concernant notre pays», a déclaré Mario Monti. A regarder l’évolution des taux, il ne s’agit que d’un vœu pieux. En fin d’après-midi hier, les taux italiens étaient à 7,03%. Pourtant, la BCE serait venue à la rescousse du pays en achetant du papier italien, selon des courtiers cités par Reuters. La semaine dernière, la banque avait ralenti son rythme d’achat de titres périphériques à 4,5 milliards d’euros contre 9,5 milliards les sept jours précédents.

Par ailleurs, selon Reuters, Frederico Ghizzoni, le PDG d’UniCredit aurait demandé lors d’une réunion à la BCE hier d’élargir le panier de titres qu’elle accepte en collatéral pour faciliter le financement des banques de la péninsule. Mais l'intéressé a refusé de commenter. Selon les chiffres de la Banque d’Italie, les banques ont demandé 111,3 milliards d’euros en octobre à la BCE, soit trois fois plus qu’en juin. La BCE a plusieurs fois revu la liste de ses actifs éligibles pour admettre les titres notés jusqu’à BBB-.

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