L’Europe centrale pâtit de la crise souveraine en zone euro

le 17/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le forint hongrois a chuté de 17 % contre euro en 3 mois, à 315,67, et le gouvernement a dû servir un taux de 6,71 % à l’adjudication de mardi

Les devises des pays de l’Europe centrale souffrent de la crise souveraine en zone euro. Le mois dernier, le zloty polonais, le forint hongrois et la couronne tchèque ont été les trois devises les moins performantes du panel des 31 principales devises surveillées par Bloomberg. Et la Hongrie, dont les exportations vers la zone euro pèsent 44% de son PIB, en est une bonne illustration avec la chute du forint de 17% en 3 mois contre euro pour atteindre 315,67 hier et de 25% contre dollar à 233,97. Une dépréciation qui alimente les risques inflationnistes et a contraint la banque centrale du pays à envisager une hausse de ses taux directeurs, stables à 6%, à sa dernière réunion.

Signe de la vulnérabilité de l’économie hongroise à la situation de la zone euro, le gouvernement a dû servir un taux de 6,71% à l’adjudication de 40 milliards de forints d’obligations à 3 mois mardi, contre 6,23% une semaine plus tôt.

En prenant ces derniers mois plusieurs mesures très coûteuses pour les banques étrangères, la Hongrie a certes aggravé son cas. Mais elle n’est pas seule dans le navire. Avec un poids de ses exportations vers la zone euro dans le PIB de 20%, la Pologne a vu sa devise s’affaiblir de 7% contre euro à 4,43 en trois mois et de 14% contre dollar. Le gouvernement polonais s’attend aussi à une hausse de 13% du montant des intérêts de la dette à payer en 2012. Craignant une contagion, le gouvernement polonais a déjà couvert 101% de ses besoins en 2011, les émissions prévues en novembre et décembre devant ainsi servir à prendre de l’avance sur son programme 2012 estimé à 124,4 milliards de zlotys. A 401 pb, le spread entre les taux polonais et le Bund allemand reste, pour le moment, inférieur aux 443 pb demandés par les investisseurs le 22 septembre dernier.

De son côté, la République tchèque est la plus exposée, les exportations vers les pays de la zone euro représentant pesant 49% de son PIB. Or, sa devise structurellement résistante, a connu une baisse de 4% en un mois contre euro à 25,75 et de 7% contre dollar à 19,10.

Et la situation inquiète. La Berd (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) est actuellement en discussions avec les autorités et les prêteurs pour éviter un assèchement du crédit. L’institution craint que les exigences de fonds propres des grandes banques de la zone euro ne mettent sous pression leurs filiales en Europe centrale, région où le système bancaire est majoritairement aux mains d'étrangers.

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