Nasdaq OMX pourrait lancer une plate-forme de dérivés de taux en Europe

le 27/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour concurrencer Nyse Liffe, la Bourse américaine devra convaincre les banques et développer des contrats suffisamment attractifs

Nasdaq OMX n’a pas renoncé à mettre un pied en Europe. Selon le Financial Times, la bourse américaine pourrait lancer une plate-forme dédiée aux dérivés de taux d’intérêt. De quoi relancer son expansion outre-Atlantique après plusieurs tentatives ratées et concurrencer le futur groupe formé par Nyse Euronext et Deutsche Börse.

Le groupe dirigé par Robert Greifeld a refusé de commenter mais il ne serait pas étonnant qu’il tente une percée sur le marché des dérivés, alors que celui-ci est en plein essor. Les régulations en cours de négociations en Europe (EMIR et MIF 2) vont favoriser la compensation de ces produits échangés de gré à gré et donc leur standardisation.

Qui plus est, le marché est encore concentré aux mains de Nyse Liffe, ce qui pourrait laisser de la place pour un nouvel entrant. «La future entité Nyse-Deutsche Börse devrait avoir une position dominante sur le segment des dérivés en Europe. Or les investisseurs favorisent les alternatives», explique Axel Pierron, senior vice president chez Celent.

Le pari est loin d’être gagné pour autant. Nasdaq OMX devra développer des produits dérivés suffisamment attractifs pour séduire les investisseurs. «La définition du contrat va avoir un rôle majeur dans le succès ou l’échec de cette tentative», souligne Axel Pierron.

Ce n’est pas tout. «Pour garantir le succès d’un nouvel entrant sur le marché, il est important de disposer du soutien des banques pour qu’elles apportent des flux», commente Thibaut de Lajudie, associé au sein du cabinet Ailancy.

Selon les informations du FT, Nasdaq OMX devrait choisir LCH.Clearnet comme chambre de compensation, laquelle est déjà positionnée sur la compensation des dérivés OTC. «Quand on est un nouvel entrant, on a toujours intérêt à venir se connecter à la chambre de compensation de référence car les autres acteurs y sont déjà connectés et cela peut leur éviter de nouveaux coûts», estime Thibaut de Lajudie.

La bourse n’en n’est pas à son coup d’essai en Europe. Après s’être intéressée au London Stock Exchange, elle a tenté une contre-offre sur Nyse Euronext avant de l’abandonner au printemps. A la faveur de la libéralisation des marchés financiers en 2007, elle avait aussi lancé une plate-forme alternative mais avait dû la fermer faute de gagner des parts de marché.

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