Paris et Berlin tentent de faire front uni sur la recapitalisation des banques

le 10/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l'issue d'une rencontre franco-allemande hier, les deux parties ont dit vouloir des critères communs mais n'ont pas livré de détails

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en août 2001 à Paris. Photo: Denis/REA

Nicolas Sarkozy n’a pu que constater, dimanche à Berlin, l’isolement de la France en matière de soutien aux banques. Certes, «nous sommes déterminés à faire ce qu'il faut pour assurer le recapitalisation de nos banques», a assuré hier la chancelière allemande lors d'une conférence de presse commune avec le président français à Berlin.

Mais cette déclaration d'intention n'a pas été suivie de détails complémentaires, Angela Merkel se contentant de souligner que «l'Allemagne et la France veulent que les mêmes critères soient appliqués, des critères acceptés par toutes les parties (...)». «Un plan complet pour la stabilisation de la zone euro» sera présenté d'ici la fin du mois. Il mettra notamment en musique un aménagement des traités dans le sens d'une meilleure coordination économique de la zone euro.

Les déclarations de Berlin et de Bruxelles ces derniers jours avaient fixé le cadre. La Commission s’est rangée du côté de l’Allemagne, qui souhaite une conditionnalité stricte du recours à l’EFSF, la Facilité européenne de stabilité financière, vue comme le dernier pare-feu pour les banques.

La Commission européenne devrait valider d’ici à mercredi une proposition d’action coordonnée pour renflouer les banques européennes. Objectif: aboutir à une décision lors du sommet des dirigeants européens à Bruxelles les 17 et 18 octobre. Cette proposition fixera un cadre juridique et des critères communs d’intervention pour soutenir les banques, dans le respect des règles de la concurrence. Elle présentera aussi un calendrier d’intervention.

Si une recapitalisation s’impose, les banques concernées devront d’abord tenter de lever du capital par leurs propres moyens. Un appel à des fonds publics ne pourra se faire qu’en deuxième lieu, a indiqué Bercy vendredi. Mais c’est sur les modalités de ce soutien public que les divergences ont émergé: Paris souhaitait un recours direct à l’EFSF pour ne pas jeter l’opprobre sur un secteur bancaire national, et surtout pour éviter une mise en cause du AAA de la France, qui affiche le ratio de dette sur PIB le plus élevé de la catégorie, à 86,2%. Or, tant à Bruxelles qu’à Berlin, on estime qu'il incombe d'abord aux Etats de renflouer leurs banques. Seuls ceux qui n'auraient pas les moyens de payer pourraient recourir à l’EFSF en ultime ressort. Angela Merkel a précisé vendredi que les Pays-Bas étaient sur la même ligne.

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