La hausse des réserves mondiales de change au deuxième trimestre risque de s'inverser

le 10/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon le FMI, le poids du dollar dans les réserves de change des banques centrales est de 60,6 %, contre 26,5 % pour l’euro et 3,9 % pour le yen

Selon le FMI, les réserves de change ont progressé de 4% au deuxième trimestre de l’année, soit 386 milliards de dollars (dont 250 milliards n’ont pas été alloués) contre une augmentation record de 441 milliards au trimestre précédent, pour atteindre 10.050 milliards.

Dans les 136 milliards de dollars d’augmentation des réserves rapportées par les 106 pays sondés par le FMI, Chine exclue, les détentions en dollars ont progressé de 41 milliards. De quoi renforcer sa position de monnaie de réserve phare avec un poids de 60,6% des réserves totales répertoriées. Son poids a cependant tendance à diminuer dans le temps, le dollar représentant 71,5% des réserves totales en 2001.

Cette érosion a profité à l’euro qui a vu son poids passer de 17,9% en 1999 à 26,5% du total des réserves au 30 juin. Et le deuxième trimestre a vu la réapparition de positions nettes acheteuses en euros de 24,4 milliards euros à taux de change ajustés (dont 80% provient des pays émergents), contre des positions nettes vendeuses de 14,6 milliards au premier trimestre. Citigroup estime néanmoins que sur l'accroissement de 59 milliards en euros sur le trimestre, 24 milliards sont imputables à l’appréciation de 1,75% de la parité euro-dollar sur le trimestre, «ce qui porte les achats réels en euros à environ 35 milliards, un niveau inférieur aux 41 milliards d’achats en dollars».

Si l’accumulation de réserves en «autres devises» (le dollar australien, néo-zélandais et canadien, la couronne norvégienne et suédoise) a été presque divisée par deux à 13,3 milliards de dollars, leur poids atteint dorénavant 4,9% du total et dépasse celui de la livre sterling (4,2%) et du yen (3,9%). Si le détail n’est pas communiqué par le FMI, BNP estime que «cet accroissement est tiré par des achats de dollars australiens et canadiens». Sur un an, ces deux devises et la couronne suédoise ont enregistré des achats ajustés de 86 milliards de dollars, selon Citigroup.

L’enquête du FMI ne représente que 54% des réserves totales. BNP Paribas estime que les institutions qui ne détaillent pas leur allocation (dont la Chine, 70% de cette catégorie) ont renforcé leurs réserves en euros de 45 milliards et en «autres devises» de 25 milliards. Une tendance qui ne devrait pas perdurer au troisième trimestre compte tenu des rachats de dollars pratiqués par certaines banques centrales pour contrer la chute de leur devise, selon la banque.

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