La zone euro tient son calendrier de réforme

le 30/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'extension de l'EFSF doit être votée d'ici mi-octobre. La Grèce ne touchera rien avant le 13

Le Bundestag, le 29 septembre 2011. Photo : Michele tantussi/Bloomberg

Rendez-vous dans quinze jours. Après le vote crucial de Berlin hier, c’est autour de la mi-octobre que le processus d’élargissement des pouvoirs de l’EFSF, la Facilité européenne de stabilité financière, devrait toucher au but. C’est aussi le 13 octobre, à Bruxelles, à l’occasion d’une réunion extraordinaire des ministres des Finances de la zone euro, que devrait se décider le déblocage éventuel de la sixième tranche d’aide à la Grèce. Les Eurogroupe et Ecofin des 3 et 4 octobre seront en effet consacrés à la régulation financière.

Le vote tant attendu du renforcement de l’EFSF au Bundestag s’est révélé une formalité. Les députés allemands ont approuvé la mesure par 523 voix favorables, 85 voix contre et 3 abstentions. Mieux, la chancelière Angela Merkel a réussi à rassembler sa majorité et n’a donc pas eu besoin des voix de l’opposition. Le vote au Bundesrat, la chambre haute, doit avoir lieu aujourd’hui.

Avec l’Estonie et Chypre qui votaient aussi hier, 12 des 17 pays membres de la zone euro auront donné leur feu vert à un Fonds élargi, qui pourra financer la Grèce voire d’autres pays en sus de l’Irlande et du Portugal, et avec un volant de garanties porté à 780 milliards d’euros au lieu de 440 milliards aujourd’hui. L’EFSF pourra acheter de la dette souveraine et prêter aux Etats pour qu’ils recapitalisent leurs banques.

Le vote autrichien est attendu aujourd’hui et celui des Pays-Bas avant la fin de la semaine prochaine. Malte et le Portugal doivent aussi se décider d’ici au 7. Reste la Slovaquie, qui a promis de se prononcer entre le 11 et le 14 octobre, mais où le gouvernement de coalition doit faire face à la défection de l’un de ses alliés sur cette question.

L’approbation des réformes décidées lors du sommet européen du 21 juillet va de pair avec les discussions sur l’aide à la Grèce. Or, le report d’au moins dix jours du versement de l’aide risque d’alimenter la volatilité sur les marchés. La troïka BCE-FMI-UE, qui avait quitté Athènes le 2 septembre, a fait son retour hier dans le pays. Le temps presse pour l’Etat grec, dont la prochaine grosse tombée obligataire n’est qu’en décembre, mais qui risque l’asphyxie financière dès la mi-octobre en raison du déficit courant du pays. La Grèce doit recevoir 5,8 milliards de l’Union européenne et 2,2 milliards du FMI.

«Les craintes des investisseurs pourraient grandir d’ici à l’Eurogroupe du 13 octobre qui doit décider du versement de la prochaine tranche, estimaient hier les stratégistes de Citigroup. En particulier, les dissensions entre Etats membres sur la taille des décotes infligées aux créanciers privés de la Grèce pourraient passer au premier plan».

Une fois cette échéance passée, les regards se tourneront vers le sommet européen des 17 et 18 octobre. La réunion des chefs d’Etat et de gouvernement laisse espérer des avancées sur une nouvelle évolution de l’EFSF: transformation en banque adossée à la BCE, en structure de garantie des premières pertes sur les achats de la banque centrale, ou encore en fonds qui garantirait le nominal des nouvelles émissions des pays en difficulté. Reste qu’aucune des déclarations publiques des derniers jours n’indique que les Européens aient vraiment ouvert ce dossier.

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