L'Irlande fait mieux que le Portugal seulement sur les marchés de dette

le 15/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les évolutions budgétaires des deux pays sont comparables, mais les rendements irlandais se sont resserrés bien davantage

Depuis fin juillet, les taux longs irlandais se sont formidablement resserrés. De 14% mi-juillet, ils sont tombés à 8,3% hier. Parmi les pays périphériques en difficulté, c'est donc sur l'Irlande que les investisseurs semblent les plus optimistes. Ainsi, le Portugal, troisième pays aidé après la Grèce et l'Irlande par le FMI et l'Europe, n'a bénéficié que d'une détente de 191 points de base (pb) depuis mi-juillet à 10,8 % hier.

«Les investisseurs semblent relativement complaisants à l'égard de l'Irlande, dans l'espoir que le pays soit suffisamment flexible pour faire croître son économie pendant la crise», analysait Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux chez SG CIB dans une note du 25 août. D'après le FMI, le taux de croissance de l'Irlande passera de 0,6% cette année à 3,3% dans cinq ans, alors qu'au Portugal, l'activité devrait se contracter en 2011 et 2012 et ressortir à 2% en 2016. «Pourtant, ajoute le spécialiste, les évolutions budgétaires en Irlande ne semblent pas plus saines que celles du Portugal».

Les dernières évaluations du FMI dans les deux pays confirment qu'ils avancent dans la bonne direction, sans que l'un ne devance véritablement l'autre. «Le programme est globalement sur les rails (…) et les réformes structurelles ont bien commencé», estime l'institution à la suite de son premier examen du Portugal dans son rapport publié début septembre. Tous les critères de performance à fin juin ont été respectés, précise l'institution.

«Les autorités mettent effectivement en œuvre des ajustements budgétaires majeurs en maintenant le budget en ligne avec les objectifs pour 2011», explique le FMI à propos de l'Irlande dans son rapport du 2 septembre après la troisième évaluation dans le pays. Hors recapitalisation des banques, le déficit primaire est ressorti à 5,6% du PIB, soit 0,7 point de moins qu'attendu. Les revenus sont aussi meilleurs que prévu.

Le FMI a fixé des objectifs équivalents aux deux pays. Au Portugal, la dette publique doit passer de 106 % du PIB en 2011 à 110,5 % en 2016. En Irlande, elle passera de 111 % à 115,4 % sur la même période. Le déficit budgétaire portugais devrait se réduire plus rapidement. Il ressortirait à 1,7% en 2016 contre 4,1% attendu pour l'Irlande. «La forte inversion de la courbe des taux portugais par rapport aux rendements irlandais nous semble insoutenable», estime le stratégiste de SG CIB.

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