L'Europe tarde à réagir sur l'exception finlandaise

le 24/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'accord bilatéral entre Athènes et Helsinki sème la zizanie au sein même du gouvernement allemand

Une semaine après la révélation de l'accord passé entre la Grèce et la Finlande, les Etats européens n'ont toujours pas trouvé le moyen de désamorcer cette nouvelle crise qui risque de retarder le déblocage de la nouvelle tranche d'aide européenne à Athènes. Les taux d'intérêt des pays de la zone euro se sont donc tendus. Le rendement à dix ans de la Grèce a progressé de 47 points de base à 16,4 % alors qu'il était redescendu à 14,2 % le 22 juillet dernier, au lendemain de l'annonce de la nouvelle aide.

Compte tenu du flou qui règne sur la gestion européenne de la crise grecque, le coût de la protection contre le risque de défaut de la Grèce est remonté de 175 pb à 2.175 pb. Les marchés actions, dans le vert hier, ne semblent pas encore intégrer le risque d'un report du nouveau plan d'aide à Athènes.

Hier, la question de la garantie qu'apporterait la Grèce à la Finlande en échange de sa participation au plan d'aide a encore suscité de vives réactions politiques. Au sein du gouvernement allemand d'abord où la ministre du Travail Ursula von der Leyen, a soutenu l'idée de la mise en place de collatéral en échange de l'aide européenne à la Grèce. Pourtant, le gouvernement n'est pas favorable à l'instauration généralisée de telles garanties financières. Lors d'une rencontre hier soir avec les parlementaires de sa coalition, Angela Merkel a réaffirmé son opposition à tout traitement de faveur.

Lundi, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel avait souligné la nécessité d'expliquer cet accord aux autres pays européens et de mener des discussions «non dans les médias mais dans les instances de la zone euro». Hier, elles se sont pourtant poursuivies par médias interposés. La Finlande campe globalement sur sa position. «Bien sûr, l'accord sur les collatéraux conclu entre la Finlande et la Grèce ne doit pas bloquer le plan (d'aide à la Grèce, ndlr), mais dans tous les cas, nous exigeons ce collatéral», a déclaré le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen à Reuters, rappelant qu'il s'agissait d'une demande du parlement finlandais. Il a certes concédé que l'accord pourrait faire l'objet de modifications. Toutefois, si les garanties sont refusées à Helsinki, la Finlande envisagerait de sortir du plan d'aide à la Grèce, a-t-il ajouté.

Ce risque ne peut pas être totalement écarté puisque l'accord bilatéral doit être approuvé par les membres de l'union monétaire et que certains pays, comme l'Autriche, ne sont pas prêts à l'accepter. «Concernant le collatéral, il faut trouver une solution acceptable pour l'ensemble des Etats, et je n'en vois pas trace pour l'instant», a déclaré la ministre des Finances autrichienne, Maria Fekter. L'Autriche propose pour sa part que les pays dont les banques bénéficient déjà des incitations du plan d'aide à la Grèce aient un accès plus limité aux garanties financières que les autres. Une solution rejetée lundi par les Pays-Bas car jugée incompatible avec le principe de l'égalité de traitement entre les membres de la zone euro.

Le tandem franco-allemand n'a quant à lui pas fait de commentaires. Pourtant, les ministres des Finances François Baroin et Wolfgang Schäuble se sont rencontrés hier à Paris afin de travailler à la mise en œuvre des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le 16 août dernier. Aucune déclaration n'a été faite à l'issue de la réunion.

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