La chute du marché actions a pénalisé les obligations indexées sur l'inflation

le 24/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les points morts d’inflation à 2 ans ont été touchés par la récente débâcle boursière. Ceux à 10 et 30 ans restent loin de leur plancher de 2010

Avant le mois d’août, les anticipations de hausse du niveau général des prix en France, telles que reflétées par les points morts d’inflation [différence entre les rendements des titres d’Etat classiques et ceux indexés sur l’inflation de même échéance ou «breakeven», ndlr], s’étaient calées sur un scénario de maintien des pressions inflationnistes. Alors qu’en juin, l’inflation dans l’Hexagone est ressortie à 2,1%, contre 2% en mai, cette dynamique s’est inversée avec le retournement brutal des marchés actions au début du mois.

«En juin et juillet, le rally du marché français des obligations nominales s’était traduit par une baisse des taux d’intérêts réels, ce qui a maintenu les points morts d’inflation à des niveaux élevés. Après la récente chute des actions, les marchés ont valorisé les obligations indexées sur l’inflation comme des actifs risqués», explique Laurent Bilke, directeur de la stratégie inflation chez Nomura.

Du coup, les points morts d’inflation à 2 ans ont été sérieusement impactés et survendus par les investisseurs. Ceux de l’OAT indexée sur l’inflation et d’échéance juillet 2013 se traitaient hier à 0,90% contre 1,40% le 9 août et autour de 1,5%-1,6% fin juin/début juillet. Des niveaux qui indiquent que l’idée d’une hausse de l’inflation à cet horizon n’est actuellement pas anticipée. Toutefois, ces données sont à prendre avec des pincettes, les informations renvoyées par la partie courte de la courbe des obligations indexées étant particulièrement volatiles et extrêmement sensibles aux mouvements des marchés des actions, du pétrole et des matières premières.

Car la partie longue de la courbe, elle, n’a pas été aussi gravement affectée. Les points morts à 10 et 30 ans ont perdu 30 pb depuis leur récent plus haut qui était un record historique. Ils restent 30 pb au-dessus de leur plancher de septembre 2010. «Les swaps inflation forward '5 ans dans 5 ans' français, qui mesurent le mieux les anticipations d’inflation, ont perdu 30 pb et s’élèvent désormais à 2,48%, contre 2,10 % en septembre 2010. En Europe, ils sont autour de 2,30%. Ces niveaux n’indiquent pas un climat de marché anticipant un environnement déflationniste et les pressions inflationnistes demeurent élevées malgré les enquêtes décevantes du PMI», ajoute Laurent Bilke. D’ailleurs, Nomura anticipe une inflation, en zone euro, à 2,5-3,0% et à 2,2-2,8% en France d’ici à fin 2011.

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