Les économistes rognent leurs prévisions de croissance

le 23/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La progression du PIB dans la zone euro devrait se tasser entre 2011 et 2012. L'incertitude est également forte sur l'activité américaine

Le krach boursier du mois d'août et la poursuite de la crise de la dette vont immanquablement peser sur la croissance européenne. Publié dans la matinée, l'indice PMI pour le secteur manufacturier du mois d'août va tomber sous le seuil de 50 d'après le consensus, ce qui signalera un ralentissement de l'activité. Cette tendance à une croissance très faible risque de s'inscrire dans la durée, à en croire les spécialistes qui revoient à la baisse leurs prévisions depuis la semaine dernière.

Après le brutal ajustement réalisé par Morgan Stanley (voir l'Agefi du 19 août), RBS et Barclays Capital viennent par exemple de diminuer à leur tour leurs anticipations pour la zone euro. Les établissements anticipent, pour 2011, une progression de 1,6% et de 1,8 % respectivement. En 2012, la croissance ralentirait nettement, les deux banques britanniques comptant à présent sur une croissance de 1,1% au sein de l'union monétaire contre une précédente prévision de 1,6%. «Le rythme de croissance plus faible au niveau mondial, illustré par la décélération de la croissance des exportations de la zone euro, et la simultanéité des programmes d'austérité budgétaire constituent des vents contraires importants pour la croissance européenne», estiment les économistes de Barclays Capital. Pour eux, les effets de l'austérité pourraient encore s'amplifier au second semestre et début 2012.

Les Etats-Unis sont touchés aussi. La croissance du PIB au deuxième trimestre devrait être révisée en baisse, à l'occasion de la publication de sa deuxième estimation jeudi prochain. En première estimation, le PIB a progressé de 1,3%. Pour le troisième trimestre, la tendance est incertaine. D'un côté, la production industrielle et les ventes de détail pour juillet sont ressorties supérieures aux attentes. De l'autre, la confiance du consommateur a fortement chuté en août. D'après RBS, l'activité devrait continuer à ralentir car, dans l'environnement actuel, les entreprises joueront la prudence, notamment en matière d'embauches. La banque britannique table pour 2012 sur une croissance de 2,1% contre 3,2% prévu précédemment.

Dans cet environnement très tourmenté, les économistes craignent un double creux. Bank of America – Merrill Lynch vient ainsi de relever encore la probabilité d'une récession sur les douze prochains mois. Elle passe de 35% à 40%. L'indice de la Fed de Chicago «ne montre pas de tendance à une récession imminente», tempère Philippe Waechter, directeur des études économiques de Natixis AM.

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