La croissance nulle au deuxième trimestre complique la tâche de la France

le 16/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La consommation des ménages s’est ainsi repliée de 0,7%, contribuant négativement au PIB à hauteur de 0,2 point de pourcentage

Les prévisions de la Banque de France déjouées - Photo Bloomberg

Après un premier trimestre encourageant, l'activité en France a affiché une croissance nulle au trimestre suivant. Une vraie déception. Le marché pariait sur une hausse du PIB de +0,3%, contre +0,2% pour l’Insee et la Banque de France. 

De janvier à mars 2011, l’économie avait progressé de 0,9% grâce aux effets retardés des primes à la casse automobile qui ont pris fin en décembre. Ces derniers s’estompant, les achats automobiles ont chuté de 11,3% entre avril et juin. La consommation des ménages s’est ainsi repliée de 0,7%, contre 0,6% attendu. Les exportations ayant stagné, elles n'ont pas pu compenser la baisse des importations de 0,9%. Et bien qu’ils aient vu leur formation brute en capital fixe croître de 1,4% grâce à la construction de logements neufs, les ménages ont contribué négativement au PIB à hauteur de 0,2 point de pourcentage (pp), contre +0,5 pp au premier trimestre. Autre point noir. Les variations de stocks n’ont cette fois-ci pas contribué au PIB.

Le troisième trimestre commence mal. Le chiffre de l’activité commerciale en juillet a chuté 5,8% par rapport à juin. Du coup, Barclays voit le PIB en léger rebond de 0,2%. Sur la base des chiffres de l’Insee, Deutsche Bank prévoit une hausse de 0,3%, mais sur la base des PMI, la banque s’attend à une croissance nulle. «Compte tenu d'enquêtes donnant des signaux de ralentissement de l'activité en juillet, de soldes qui n'ont, a priori, pas été exceptionnels et d'un choc de volatilité sur les marchés, il semble qu'une croissance de 0,5% au troisième trimestre est dans le très haut de la fourchette qui peut être anticipée», précise Natixis AM.

«Selon les enquêtes, la croissance devrait rester modérée au cours des prochains trimestres, note BNP Paribas, avec un acquis de croissance qui s'établit à 1,4% à l'issue du deuxième trimestre, la croissance du PIB devrait atteindre 1,7% cette année.» Pour Natixis AM, la croissance moyenne sur 2011 se situera donc très probablement près de la fourchette 1,5%-1,7%. Selon Deutsche Bank, la France devrait croitre de plus de 1,5% et «en dessous, mais pas trop loin, de la cible officielle de 2%». Le gouvernement a les cartes en main. D'ailleurs, il devrait annoncer le 24 août de nouvelles mesures budgétaires. En dépit de ce mauvais chiffre, les taux des OAT à 10 ans se sont encore détendus de 10 pb à 3,3%. Le spread contre Bund est ressorti à 61,7 pb, contre 88,9 pb le 8 août.

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