Branle-bas de combat européen pour éviter la panique

le 08/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BCE a ouvert la porte à un rachat massif de dette souveraine italienne et espagnole dès l’ouverture des marchés

Jean-Claude Trichet, président de la BCE - Photo Bloomberg

A situation exceptionnelle, décisions exceptionnelles. Crise de la dette souveraine européenne, dégradation historique du «AAA» américain, rien n’aura été épargné aux investisseurs. Afin d’éviter un mouvement de panique, les coups de téléphone et les réunions se sont enchaînées ce week-end entre les dirigeants européens. A l’issue d’une réunion exceptionnelle, la BCE a finalement affirmé qu’elle comptait «mettre en œuvre activement» son programme de rachat d'obligations, ouvrant la porte à un rachat d’obligations italiennes et espagnoles.

Une nouvelle qui devrait permettre d’éviter une panique boursière ce matin à l’ouverture des places européennes. «Ce programme a été conçu pour permettre de restaurer une meilleure transmission de nos décisions de politique monétaire, en prenant en compte des dysfonctionnements du marché», a rappelé la BCE dans un communiqué publié hier soir. Si elle ne précise pas formellement quels sont les pays concernés par ce programme, les marchés s'attendent à présent ce qu'elle intervienne sur les obligations italiennes et espagnoles.

D’ailleurs, l'institution a salué les annonces des gouvernements italien et espagnol concernant de nouvelles mesures et réformes budgétaires. Des mesures qui ont déterminé sa décision destinée à faire redescendre le coût du financement italien qui constitue le principal risque pour le pays. «Une hausse durable des primes de risques pourrait faire dévier le déficit public de sa trajectoire d’amélioration et empêcher une stabilisation du ratio d’endettement dès cette année», estime le Crédit Agricole. Lors de sa dernière adjudication fin juillet d'obligations à 10 ans, le pays a dû offrir unrendement de 5,77%, son plus haut depuis février 2000.

Si elle a réussi à dépasser ses dissensions internes, la BCE devra intervenir de manière massive pour calmer les marchés. Or, les «moyens de la BCE n’égalent pas ceux des spéculateurs», rappelle CM-CIC. En mai 2010, la BCE avait été contrainte de racheter 16,5 milliards d’euros en une semaine pour calmer la tension sur les marchés. Or, la dette italienne étant sept fois plus importante que la dette grecque, ce sont 110 milliards qui seraient nécessaires pour un effet similaire.

Vendredi, le gouvernement italien a annoncé que le pays avançait d’un an à 2013 son objectif d’atteindre l'équilibre budgétaire. Il s’est également engagé à inscrire dans la Constitution l'instauration d'un principe d'équilibre budgétaire et la libéralisation de l'économie. «Nous n'avons pas modifié la structure de notre programme de consolidation budgétaire. Il a été bien apprécié par nos partenaires étrangers. Nous avons seulement anticipé d'un an l'application de certaines réformes», a précisé le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti.

Dans un communiqué conjoint, le président français, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont réaffirmé l'engagement de l'Europe à mettre en œuvre rapidement la réforme du FESF décidée le 21 juillet, soulignant qu’elle était «essentielle pour restaurer la confiance des marchés». Et notamment, la possible intervention du FESF sur le marché secondaire qui se fera «sur la base d'une analyse de la BCE constatant l'existence d'une situation exceptionnelle sur les marchés financiers et de risques pour la stabilité financière».

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