Les marchés doutent encore du plan de réduction du déficit espagnol

le 01/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement promet de nouvelles mesures en août et avance les élections législatives au 20 novembre. Moody's menace de baisser la note du pays

La réduction du déficit public de l'Espagne reste un «objectif fondamental» du gouvernement, a réaffirmé le Premier ministre espagnol sortant, José Luis Rodriguez Zapatero, vendredi en annonçant qu'il avançait les élections législatives, attendues en mars 2012, au 20 novembre. Alors que les marchés doutent encore de la bonne tenue du plan d'austérité introduit en 2010 et visant à ramener le déficit à 6% du PIB cette année, le dirigeant a annoncé que trois nouvelles mesures seraient adoptées le 19 août afin de fournir «un effort supplémentaire».

Le déficit fiscal de l'Espagne a diminué de 19% au premier semestre et se situait en juin à 2,21% du PIB (24 milliards d'euros). Mais cette baisse a bénéficié de certains facteurs, comme la hausse de la TVA introduite en juillet 2010, qui ne joueront pas au second semestre. Les prévisions de croissance du gouvernement, à 1,3% du PIB en 2011, sont d'autre part jugées trop optimistes.

Les nouvelles mesures chercheraient à redynamiser les politiques de création d'emplois, à fluidifier le prélèvement de l'impôt sur les sociétés et à réduire les dépenses de santé. Ces deux dernières actions aideraient les 17 régions, fiscalement autonomes en Espagne et qui cumulent une dette de 121 milliards d'euros, à atteindre leur objectif de déficit de 1,3% du PIB en 2011. Certains exécutifs régionaux, comme en Catalogne et en Castille-La-Manche, ont déjà annoncé qu'ils le dépasseraient. Le seul outil dont dispose le gouvernement espagnol pour recadrer les régions rebelles consiste à leur interdire de s'endetter à long terme.

«Les défis posés aux effort de consolidation fiscale du gouvernement par un environnement de faible croissance économique allié aux dérapages continus de plusieurs gouvernements régionaux» sont d'ailleurs les deux raisons qui poussé l'agence de notation Moody's à placer vendredi la note de dette souveraine espagnole (Aa2) sous surveillance pour une possible dégradation.

L'agence s'inquiète également de l'impact sur les finances publiques du coût très élevé de financement de l'Espagne. Elle a aussi abaissé d'un cran la note de six régions et en a placé sept autres sous surveillance. Le pays, qui adjugera jeudi des obligations 2014 et 2015, a encore vu vendredi ses rendements se creuser. Le taux à 10 ans dépasse les 6%.

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