La capacité de rebond des Etats-Unis est durablement atteinte

le 01/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

De 1,3 % au deuxième trimestre 2011, contre 1,8 % attendu, la croissance du PIB américain a été révisée de 1,9 % à 0,4 % au premier trimestre

Alors que l’absence d’accord entre Républicains et Démocrates aux Etats-Unis sur les mesures de réduction du déficit fait craindre un défaut des Etats-Unis dès demain et la perte de sa note «AAA», les fondamentaux économiques de la puissance américaine se sont sérieusement dégradés. Au deuxième trimestre, la croissance du PIB a manqué de ressort, ne ressortant en hausse que de 1,3% en rythme annualisé. Un chiffre inquiétant par rapport au rebond de 1,8% attendu par le consensus. Entre avril et juin, la consommation des ménages a manqué de dynamisme, ne progressant que de 0,1%, contre +0,8% anticipé.

«Engagés dans de difficiles négociations avec le parti Républicain et le Tea Party, les Démocrates sont confrontés à une croissance atone, un consommateur KO et à un chômage [9,2% en juin, ndlr] qui n’est pas près de diminuer rapidement. Non seulement la croissance américaine ralentit nettement, mais l’inflation poursuit sa hausse», constate Stelphia AM.

La capacité de rebond de l’économie américaine semble durablement atteinte. Le département du Commerce a révisé fortement en baisse la croissance du PIB du premier trimestre, de 1,9 % à 0,4%, mais aussi mis à jour les statistiques enregistrées depuis 2003. Selon le bureau d’analyse économique, la récession aux Etats-Unis sur la période allant du quatrième trimestre 2007 au deuxième trimestre 2009 a été beaucoup plus marquée qu’initialement annoncé. La contraction du PIB ressort en chute de 5,1%, contre 4,1% auparavant.

ING en déduit que les Etats-Unis ont «beaucoup plus de surplus de capacité de production que précédemment estimé avec des niveaux de PIB actuels révisés bien en-dessous des pics de la période d'avant récession». Aux yeux de la banque, cela écarte davantage l'idée d'un resserrement monétaire de la Fed et soutient la thèse d'une troisième vague d'assouplissement qantitatif (QE3). «Si les dirigeants politiques américains ne parviennent pas à un accord rapidement, le seul recours des investisseurs actions et obligataires sera Ben Bernanke», ajoute Stelphia AM.

D'autant plus que les perspectives restent sombres. L’indice de confiance du Michigan publié à 63,7 en juillet après 63,8 en estimation préliminaire et 71,5 en juin, indique que les ménages prévoient une stagnation de leurs dépenses. Un rebond du PIB au troisième trimestre parait difficile.

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