Le défaut sur la dette souveraine grecque se profile pour septembre

le 25/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les Européens s'efforceront de réduire au minimum la période de défaut. Grâce à l'EFSF, les banques grecques continueront de se financer à la BCE

La mise à contribution du secteur privé au plan grec se traduira bien par un défaut temporaire sur la dette souveraine grecque. Fitch a été la première agence à le confirmer après que l'IIF (Institute of International Finance) a présenté les options offertes au secteur privé, qui se traduiront par une perte sur les titres grecs de 21%. L'agence placera l'Etat en «défaut restrictif» mais «attribuera de nouvelles notes après le défaut à la Grèce et aux nouveaux instruments de dette une fois que l'événement de défaut sera réglé avec l'émission de nouveaux titres aux créanciers participants», a expliqué l'agence de notation le 22 juillet. Les nouveaux titres seront notés dans le bas de la catégorie spéculative, a-t-elle précisé. Standard & Poor's devrait pour sa part placer la Grèce en défaut sélectif et Moody's la noter en catégorie C.

Durant le défaut, les emprunts d'Etat grecs ne seront plus éligibles comme collatéral au guichet de la BCE. Pour éviter que les banques grecques, qui utilisent ces titres pour se financer, essuient une crise de liquidité, les autorités européennes ont prévu un dispositif qui mettra en scène le fonds européen de stabilité financière. L'EFSF interviendra pour procéder à un réhaussement de crédit pour les emprunts d'Etat grecs, ce qui permettra aux banques grecques de continuer à se financer à la BCE. L'enveloppe de l'EFSF consacrée à ce dispositif s'élèverait à 42 milliards d'euros. Le système n'a pas encore été clairement précisé.

C'est en septembre que le défaut pourrait être prononcé par les agences. Puis, lorsque les offres d'échange, les rachats et les roulements prévus par l'IIF auront eu lieu, qui amélioreront les perspectives sur sa dette grecque, la note du pays serait relevée. Les stratégistes taux de SG CIB prennent l'exemple de l'Uruguay en 2003. Le 16 mai, le pays avait été placé en défaut sélectif par S&P puis, le 2 juin, le statut avait été relevé suite à la mise en œuvre d'une offre d'échange distressed sur la dette. Des discussions sont en cours pour que la période de défaut soit la plus brève possible, à moins d'une semaine.

Du côté des CDS , l'association professionelle Isda a confirmé que le plan européen ne donnerait pas lieu à un événement de crédit, la participation du secteur privé étant volontaire. Il n'y aura donc pas de débouclage des contrats sur la Grèce.

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