A la Grèce de jouer

le 25/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nouvel accord des dirigeants de l’Union sur la Grèce détendra sans doute à court terme les marchés. Leur soulagement est fondé d’abord sur l’ampleur des masses totales mobilisées pour la Grèce qui dépasseront largement 200 milliards d’euros. En outre, l’élargissement du rôle du Fonds européen de stabilisation financière, autorisé à intervenir préventivement, à recapitaliser des banques et surtout à racheter de la dette grecque sur le marché, est une avancée majeure, financière et politique. Combinée à l’allongement de la maturité et à l’abaissement du coût des prêts européens, et à l’effort particulier des banques privées, elle change l’équation financière grecque. Mais ce plan, encore obscur sur certains points, n’est pas sans risque : il s’annonce long et complexe à mettre en place, d’autant qu’il implique un défaut partiel. Des solutions techniques existent pour le gérer, mais le retour de tensions sur les marchés ne peut être écarté. Quant au FESF, il ne voit pas ses moyens renforcés, et reste donc calibré pour gérer les cas grec, portugais et irlandais mais non une extension de la crise à l’Italie ou l’Espagne. Au bout du compte, la crédibilité de ce plan dépendra de son exécution, qui doit être aussi rapide que précise, et surtout du succès du plan de redressement engagé par Athènes. L’allègement de 24% du fardeau de la dette ne saurait le garantir. Si l’Europe a fait un pas important jeudi, elle n’a pas encore gagné la partie.

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