L'activité dans la zone euro est en quasi-stagnation

le 22/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'indice PMI a nettement baissé en juillet, en particulier en Allemagne. Le marché de l'emploi semble néanmoins résister

La croissance a encore ralenti dans la zone euro au mois de juillet, à son rythme le plus faible depuis le début de la reprise en août 2009, d'après la première estimation de l'indice des directeurs d'achat PMI compilé par Markit. L'activité serait même toute proche de la stagnation. L'indice composite est en effet ressorti à 50,8, contre 53,3 en juin et 52,6 attendu par les économistes. Lorsqu'il est au-dessus de 50, l'indice témoigne d'une expansion de l'activité, lorsqu'il est en dessous, l'économie est en récession.

Les PMI pour les services et pour l'industrie manufacturière sont tombés à leur plus bas niveau depuis 22 mois, à 51,4 et 50,4 respectivement. Quant à la production manufacturière, elle a ralenti en juillet, pour la première fois depuis juillet 2009, d'après Markit. Et le volume des ventes se replie pour le deuxième mois consécutif dans l'industrie manufacturière.

Jusqu'à présent, l'Allemagne avait tiré son épingle du jeu mais la croissance y a nettement fléchi ce mois-ci. L'indice PMI y passe de 57,3 en juin à 52,2. Il baisse également en France, à 52,8 contre 54,9 en juin. Ce niveau correspond à un taux de croissance annuelle d'environ 1 % d'après BNP Paribas. «Le rythme de croissance serait légèrement inférieur à notre prévision de 0,4 % au troisième trimestre, par rapport au deuxième», analyse Dominique Barbet, économiste senior chez BNP Paribas, à la lumière du dernier PMI.

Dans ce sombre tableau, l'emploi donne cependant une lueur d'espoir. Les créations de postes se sont légèrement accélérées et les effectifs augmentent en France et en Allemagne. C'est un signal particulièrement important car il devrait se traduire par une consommation plus forte et donc permettre d'éloigner le risque d'un fort ralentissement, explique Michel Martinez, économiste chez SG CIB.

La zone euro n'est pas la seule concernée par le ralentissement de la croissance. En Chine, l'indice des directeurs d'achat de HSBC pour juillet est ressorti sous la barre de 50, ce qui signale une contraction de l'activité, à 48,9, son plus bas niveau depuis 28 mois. Le ralentissement s'explique par le fléchissement saisonnier de l'activité industrielle l'été et par le resserrement de la politique monétaire qui devrait avoir des effets plus visibles sur le ralentissement de la demande domestique au second semestre, d'après Jian Chang, économiste chez Barclays Capital.

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