Le marché primaire du crédit ferme prématurément

le 12/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les nouvelles inquiétudes sur la dette périphérique ont donné un coup de frein aux émissions obligataires qui venaient de redémarrer début juillet

En l'espace d'une semaine, le marché du crédit s'est complètement retourné. L'indice iTraxx Crossover, qui mesure le coût de la protection contre le risque de défaut des émetteurs européens les plus risqués, s'est resserré de 50 points de base (pb) à 384 pb fin juin, avant de remonter jusqu'à 450 pb hier. «Alors que la fin du mois de juin annonçait un été plutôt optimiste, la première semaine de juillet a montré que le vent pouvait vite tourner, soufflant notamment sur les corporates portugais qui, à la suite de la dégradation de la notation du Portugal, ont vu la leur abaissée», explique la recherche crédit de Natixis.

Le marché primaire du crédit a suivi le même mouvement. Après un mois de juin peu actif, le vote du plan d'austérité par le parlement grec a permis l'ouverture d'une fenêtre d'opportunité début juillet. Schneider Electric, Vivendi, ADP, Amadeus IT et Fiat font partie des émetteurs qui en ont profité. Mais le marché s'est à nouveau refermé, probablement pour entrer dans sa véritable pause estivale cette fois-ci. «La plupart des émetteurs n'ont pas besoin de venir sur le marché actuellement, explique Maxime Paran, responsable de l'origination pour la France et la Belgique chez ING. Les autres sont en train de remettre leurs projets d'émissions à septembre, compte tenu de l'instabilité actuelle du marché et de la prime à offrir aux investisseurs». Si les conditions de marché le permettent, c'est en septembre que devrait s'ouvrir la prochaine fenêtre d'opportunité.

Compte tenu de la volatilité sur les marchés depuis le début de l'année, le volume d'émissions pour 2011 devrait être inférieur à ce qu'attendaient les spécialistes en janvier. Les équipes de marché de capitaux de SG CIB ont ainsi révisé en baisse leurs prévisions à l'occasion de leur revue semestrielle. Les émissions des non-financières dans la catégorie investment grade devraient finalement s'élever à 100 milliards contre 120 milliards attendus en début d'année et 121 milliards l'an dernier, d'après SG CIB. Dans l'environnement actuel qui est incertain, «les fusions-acquisitions ne redémarreront probablement pas en 2011, tandis que les programmes de rachat de titres et les distributions de dividendes et la croissance des investissements devraient rester modérés, ce qui maintiendra les besoins de financement à un niveau bas», explique les spécialistes de la banque.

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