L'Eurogroupe évoque l'éventualité d'un défaut grec

le 12/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les ministres des finances sont prêts à remettre à plat le système de stabilisation de l’euro

Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroup, et Evangelos Venizelos, ministre des Finances grecs, lors de leur arrivée hier, 11 juillet (photo Bloomberg)

Un à un, les tabous tombent. Hier soir, les ministres des finances de la zone euro ont entrouvert la porte au rachat par le Fonds européen de stabilité financière (EFSF) d’obligations souveraines sur le marché secondaire. Cette possibilité avait été rejetée jusqu’à présent, notamment par Berlin. Appliquée à la Grèce, elle ouvrirait une nouvelle avenue à la participation du secteur privé au réaménagement de la dette hellènique, en invitant les créanciers à prendre leurs pertes en cédant leurs titres à une valeur fortement dépréciée.

Cependant, les termes très généraux du communiqué des ministres indiquent que les positions ne sont pas totalement réconciliées, même si la dégradation rapide des marchés ce lundi a visiblement contraint les ministres à se rapprocher les uns des autres. Ils précisent que «les ministres se tiennent prêts à adopter d’autres mesures qui vont améliorer la capacité systémique de la zone euro de résister au risque de contagion, y compris augmenter la flexibilité et le champ d’intervention de l’EFSF, allonger les maturités des prêts et réduire les taux d’intérêt, y compris au moyen d’un arrangement en collatéral quand indiqué».

«C’est la première fois que nous le disons», a insisté le président de l’Eurogroupe. «Cette déclaration généreuse ne concerne pas que la Grèce», a-t-il ajouté, en réponse à une question sur la dégradation de la situation en Italie et en Espagne. Le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a indiqué qu’il y avait «une variété de mesures» possibles pour rendre l’EFSF plus flexible et que le rachat d’obligations sur le marché secondaire était «l’une d’elles».

Par ailleurs, un nouveau «programme multi-annuel d’ajustement pluriannuel» pour la Grèce est également en préparation dans le but de rendre crédible le retour de la dette grecque sur une trajectoire réellement soutenable.

Par rapport à sa précédente réunion de juin à Luxembourg, l’Eurogroupe a notablement infléchi sa position au sujet d’un évènement de crédit ou d’un défaut sélectif en Grèce. Le communiqué de lundi rappelle en effet que la BCE estime que ce défaut «devrait être évité». Mais il ne reprend pas cette position au compte de l’Eurogroupe. Les ministres indiquent donc qu’ils se préparent à l’éventualité d’un défaut grec.

Des «propositions» concrètes seront annoncées «rapidement», indiquent les ministres. «Rapidement veut dire rapidement. Rapidement veut dire aussi tôt que possible», a précisé le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker à l’issue de la réunion. Les rumeurs sur une nouvelle réunion des ministres dans le courant du mois n’ont pas été confirmées.

Dans l’après-midi de lundi, la chancelière allemande avait annoncé que le nouveau plan d’aide à la Grèce, d’abord annoncé pour septembre, devrait être présenté à «très très courte échéance». Son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, avait mis une pierre dans le jardin de ses partenaires européens en assurant que «s'il n'avait tenu qu'à l'Allemagne, nous aurions déjà un nouveau programme pour la Grèce, mais tout le monde n'était pas prêt». Jean-Claude Juncker a indiqué que les négociations avec l’International Institute for Finance, en tant que représentant des créanciers privés de la Grèce, se poursuivaient en vue d'une conclusion «dans les prochains jours».

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