Les tensions montent sur le marché immobilier britannique

le 11/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les prix ont encore baissé de 0,8 % en juin selon LSL Property / Acadametrics. L'étude pointe du doigt le risque que ferait peser une hausse des taux

Le marché de l’immobilier britannique vient d’enchaîner son troisième mois de baisse consécutif. En juin, les prix ont encore chuté de 0,8%, après des replis de 0,8% et de 0,4% les deux mois précédents, selon les premiers chiffres estimés du baromètre LSL Property / Acadametrics. Sur les douze mois glissants, le recul atteint 1,4%. Conséquence, le prix moyen d’une maison en Angleterre ou au Pays de Galles est tombé à son plus bas niveau depuis un an et demi, à 219.365 livres en moyenne. Il reste en revanche supérieur au point bas touché en avril 2009 (200.234 livres), au plus fort de la récession.

En juin, c’est le segment du haut de gamme qui explique la nouvelle baisse des prix. Les auteurs de l’étude rappellent en effet que le nombre de transactions de maisons de plus d’un million de livres avait fortement augmenté en mars et au cours des cinq premiers jours d’avril, les acheteurs anticipant la mise en œuvre, le 6 avril, d’une taxe de 1% sur ce type de bien immobilier. 805 maisons de plus d’un million de livres, dont 517 rien que dans le grand Londres, avaient ainsi changé de mains en mars, 58% de plus qu’un an auparavant. Après l’entrée en vigueur de la taxe, le nombre de transactions s’est considérablement réduit, accentuant de fait la baisse des prix du marché.

Ces chiffres préliminaires du marché pour le mois de juin, confirment la tendance constatée en mai. Mises à part deux d’entre elles (West Midlands et East Anglia), les prix définitifs ont baissé dans huit des dix provinces surveillées par l’étude. Même le Grand Londres, qui résistait jusque-là, est passé dans le rouge, avec une baisse de 1,4% en mai, après une stabilité en avril et une hausse de 0,9% en mars.

Selon l’étude, cette tendance à la baisse risque de se poursuivre, sous l’effet d’une érosion du budget des ménages et d’une reprise plus lente que prévu de l’économie. Et s’il semble moins à l’ordre du jour actuellement, un durcissement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre pourrait encore accroître les tensions. Le dernier rapport de stabilité monétaire de la BoE pointait d’ailleurs du doigt le risque que pouvait faire courir une hausse des taux pour le fragile marché immobilier britannique.

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