Les Etats sont prêts à revenir au chevet des banques

le 11/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les résultats des stress tests sont attendus vendredi. Les Etats pourraient intervenir en cas d'échec

Il faudra finalement attendre le 15 juillet, en fin d'après-midi, pour que l'Autorité bancaire européenne (EBA) publie les résultats de la deuxième série de stress tests bancaires en Europe. Les ministres des Finances européens devraient quant à eux, dès le début de cette semaine, tenter de se mettre d'accord sur leur ligne de conduite dans le cas où les banques ayant échoué aux tests de résistance n'arrivent pas à se recapitaliser. Les Etats pourraient alors venir en aide à ces établissements en difficulté.

Un peu moins d'un an après une première vague de stress tests, qui avaient été incapables d'anticiper la crise irlandaise de l'automne 2010, la publication des résultats des nouveaux tests de résistance européens sera regardée de très près par les marchés. Déjà, le suivi des banques dont le ratio de fonds propres durs (core tier 1) sera inférieur à 5%, s'annonce plus cadré. Elles auront jusqu'à fin septembre pour présenter un plan de rectification de leur situation financière d'après un document, cité par Reuters, préparé pour les ministres des Finances européens qui se réunissent aujourd'hui et demain. Elles disposeront de trois mois supplémentaires pour le mettre en œuvre.

Après la publication des premiers stress tests, le CEBS, l'autorité qui a été remplacée par l'EBA, avait seulement indiqué que les autorités nationales se mettraient en contact avec les établissements ayant échoué aux tests pour évaluer les résultats et leurs conséquences, en particulier tout besoin de recapitalisation.

Cette fois, si une banque n'est pas capable de renforcer ses fonds propres en faisant appel au secteur privé, l'Etat dont elle dépend serait prêt à prendre les mesures nécessaires pour maintenir la stabilité financière, indique le rapport cité par Reuters. L'intervention des Etats se fera «en dernier ressort» et sera soumise à des conditions strictes, ajoute Bloomberg sur la base du même document. Cependant, dans les cas extrêmes, pour lesquels les efforts dispensés pour redresser la banque ne sont pas suffisants, l'option d'une restructuration ordonnée, ou d'une résolution, avec participation des créanciers privés, sera envisagée.

Concernant les banques qui réussiront les tests de justesse, l'Union européenne les inscrira sur une liste de «surveillance prudentielle renforcée», d'après Reuters. L'an dernier, les établissements dans ce cas n'avaient pas fait l'objet d'un traitement particulier.

91 banques ont été soumises aux tests cette année. 26 d'entre elles ont un risque élevé d'avoir besoin d'un soutien supplémentaire, estimait Moody's le 6 juillet. Des rumeurs de marché rapportent que 15 à 20 banques échoueraient cette année contre sept en 2010. «Le nombre doit être assez important pour paraître crédible mais suffisamment faible pour ne pas perturber le marché», commentent les stratégistes taux de BNP Paribas. Les banques des pays périphériques, en particulier en Grèce, en Irlande, au Portugal et en Espagne, sont les plus exposées à un échec aux tests, poursuivent-ils. S'il fait peu de doutes que les banques françaises passeront positivement ces tests, la belge KBC, la franco-belge Dexia, et les banques allemandes auraient réussi les tests, d'après des sources de presse. Pour HSH Nordbank, et NordLB, les ratios auraient été atteints de justesse. Les cinq banques italiennes passeront avec une «marge significative», a affirmé vendredi Mario Draghi, gouverneur de la banque d'Italie.

A lire aussi