« Le biais à la hausse des taux directeurs de la BCE est ainsi clairement réaffirmé »

le 11/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

L'Agefi: Pourquoi comptez-vous sur une nouvelle hausse des taux de la BCE en 2011 ?

Jean-Louis Mourier : Le discours de la BCE reste clair. L’activité économique a ralenti par rapport à sa vive croissance du premier trimestre. L’incertitude reste forte, mais le momentum de croissance est positif. Parallèlement, l’inflation devrait rester plus élevée que le niveau correspondant à la stabilité des prix et les banquiers centraux notent une amorce de diffusion des tensions issues des marchés de matières premières. Ils vont donc continuer à «surveiller attentivement les phénomènes en matière de risque à la hausse sur la stabilité des prix.» Le biais à la hausse des taux directeurs est ainsi clairement réaffirmé. La banque centrale ne fait face à aucune urgence : le prochain mouvement n’interviendra pas dès le mois prochain. Mais il faut s’attendre à un nouveau relèvement, au moins, avant la fin de l’année.

Pourquoi anticipez-vous une forte hausse des taux à dix ans britanniques ?

Comme leurs homologues français, les taux longs britanniques ont profité d’un climat global très favorable aux obligations des grands Etats développés. Des statistiques économiques mitigées ont aussi contribué à leur détente. Il est toutefois difficile de justifier le maintien de rendements réels apparents négatifs pendant une période prolongée. Le profil de croissance a été perturbé depuis près d’un an par l’enchaînement de facteurs exceptionnels, mais la tendance de l’activité devrait se redresser. Dans un contexte de hausse des taux longs des deux côtés de l’Atlantique, le 10 ans anglais devrait augmenter sensiblement ces prochains mois.

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