Le fonds souverain norvégien envoie un signal fort au marché de bureaux parisien

le 06/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après le rachat de 50 % de sept immeubles détenus par Axa pour 700 millions d'euros, le fonds espère profiter des cessions contraintes à venir

L’immobilier commercial parisien va pouvoir compter désormais avec un autre investisseur riche en pétrodollars: le fonds souverain norvégien. Ce dernier a annoncé mardi qu’il allait investir 702 millions d’euros dans sept immeubles de bureaux.

Concrètement, Norges Bank Investment Management, qui gère le fonds norvégien, va prendre d’ici à l’automne une participation de 50% dans une société commune à laquelle Axa Reim apportera les sept immeubles dont il est aujourd’hui l’unique propriétaire. La filiale de l’assureur dégage ainsi des ressources pour investir au Royaume-Uni et en Allemage.

Ces actifs de 156.000 m² sont valorisés en totalité à 1,4 milliard d’euros. Les bureaux en question sont situés soit dans des quartiers prestigieux du Triangle d’Or, soit dans la petite couronne (La Défense, Suresnes). L’un des immeubles donne par exemple sur le rond-point des Champs Elysées. Un autre, sur l’avenue Montaigne.

Mais plus que le chic de l’adresse, c’est surtout la promesse de rendements qui a convaincu le fonds norvégien d’investir à Paris. L’an dernier, après deux années de perte, l’immobilier de bureaux en France a rapporté 10%, selon l’indice IPD. Le chiffre est inférieur dans les beaux quartiers de la capitale, mais suffisant pour attirer la société qui gère les 584 milliards de dollars de manne pétrolière et gazière de la Norvège.

L’an dernier, le gouvernement norvégien a autorisé son fonds à s’alléger en obligations – sous-entendu, la dette des Etats – et à miser jusqu’à 5% de ses actifs dans l’immobilier commercial. Cette réallocation (le reste du portefeuille étant investi à 60% en actions et 35% en obligations) doit aider la structure à dégager un rendement annuel de 4%. Cela représente un investissement potentiel de 20 milliards d’euros. Dans un premier temps, trois marchés immobiliers en profiteront: Londres, l’Allemagne et la France. Un premier investissement de 452 millions de livres dans le quartier commerçant de Regent Street à Londres a été réalisé l’an dernier.

Le fonds norvégien espère aussi profiter des cessions qui surviendront en 2013-2014 à l’échéance des prêts accordés avant la crise. «Il y a des gens avec de bons actifs et trop de dette. Peut-être que nous pouvons leur apporter une aide», indique avec gourmandise Karsten Kallevig, patron de l’immobilier chez Norges Bank IM.

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