La BRI exhorte les banques centrales à resserrer leur politique monétaire

le 27/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans son rapport annuel, la Banque s’inquiète des pressions inflationnistes et remet la pression sur la Fed alors que le dix ans américain est à 2,86%

Dans son rapport annuel, la Banque des règlements internationaux (BRI) a exhorté les banques centrales de la planète à entamer ou accélérer le resserrement de leur politique monétaire afin d’éviter qu'un taux d'inflation élevé ne s'installe durablement. «Une politique monétaire mondiale plus stricte est nécessaire pour contenir les pressions inflationnistes et éloigner les risques pesant sur la stabilité financière» a ainsi estimé la Banque.

Et de préciser que «les banques centrales doivent être préparées à augmenter leurs taux directeurs à un rythme plus rapide que dans les précédentes phases de normalisation». A titre d’exemple, suite à la crise de 2001, la Fed avait baissé ses taux directeurs à 1% et les avait laissés à ce niveau pendant un an avant de les relever 17 fois entre 2004 et 2006, sous l’impulsion d’Alan Greenspan puis de Ben Bernanke, pour les porter à un plafond de 5,25% mi-2006.

La BRI met par ailleurs en garde les banques centrales sur la persistance de la hausse du prix des matières premières et des produits alimentaires. «Avec l'apparition des hausses plus marquées des prix alimentaires, de ceux de l'énergie et d'autres matières premières, l'inflation est devenu un sujet de préoccupation mondial» souligne ainsi l’institution.

Un message qui semble s’adresser notamment à la Fed qui continue à axer sa politique monétaire sur l’inflation sous-jacente (à 1,5%). Alors que les pays émergents sont lancés dans un cycle de resserrement monétaire pour lutter contre l’inflation (qui s’est accrue à 3,6% dans le monde depuis avril selon la BRI), la Fed ne semble pas pressée de suivre le même chemin que la BCE. «Une des leçons de la crise financière est qu’il n’est pas souhaitable de laisser les taux directeurs trop bas trop longtemps» estime Carsten Brzeski, chef économiste chez ING Group.

Avec des perspectives de croissance revues à la baisse, une baisse du taux de chômage plus laborieuse que prévu, Ben Bernanke joue la montre. S’il a confirmé qu’il n’y avait pas de QE3, la crainte d’une correction de l’obligataire semble s’est envolée. En témoigne le niveau du taux 10 ans américain à 2,86% cette nuit, accompagnée d’un recul du point mort d’inflation du Tnote 10 ans de 2,65% à 2,15% en l’espace de quelques semaines sous l’effet notamment du recul du prix du baril de pétrole de 126 dollars fin avril à 104,5 dollars aujourd’hui.

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