Le projet de régulation financière des marchés agricoles doit passer le test du G20

le 22/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les vingt ministres de l'agriculture sont aujourd'hui à Paris. La présidence française soutient la mise en place d'une base de données mondiale

Entrée dans l'agenda du G20 avec la présidence française, la lutte contre la volatilité des prix agricoles prendra une large place dans les discussions entre les ministres de l'Agriculture du G20 réunis à Paris aujourd'hui et demain. La France veut y faire adopter un plan d'action qui traitera toutes les causes de cette volatilité, qu'elles soient liés aux marchés physiques ou financiers.

Les cours ayant tendance à s'envoler en cas de crise compte tenu de l'incertitude sur le niveau des stocks mondiaux, la présidence française souhaite davantage de transparence sur les stocks et la production. Le G20 pourrait à cet effet lancer une initiative baptisée Amis (Agriculture Market Information System). Dans ce cadre, «les Etats s'engageront à transmettre des informations de qualité, explique une source officielle. Pour les pays dans lesquels l'outil statistique ne permet pas encore de les obtenir ou qui ne souhaitent pas divulguer des informations jugées stratégiques, comme la Chine ou l'Inde, l'accord prévoirait une démarche progressive».

Dans un premier temps, la collecte d'informations portera sur le riz, le blé, le maïs et le soja. Amis pourrait monter en puissance jusqu'à mi-2012 selon un calendrier qui devrait figurer en annexe du plan d'action. Pour la collecte d'informations dans les pays, la présidence française prévoit la mise en place d'une assistance technique et de suivi. La rédaction d'un guide de bonnes pratiques est aussi envisagée. Les acteurs privés tels que Cargill et Louis Dreyfus devraient aussi être impliqués dans cette initiative, mais le périmètre de leur participation doit encore être défini.

Un des autres volets du plan d'action proposé par la présidence française porte sur la régulation financière des matières agricoles. Alors que certains pays, comme les Etats-Unis et le Brésil, sont déjà avancés dans ce domaine, d'autres y sont plutôt réticents. «S'il n'y a pas de consensus sur la régulation financière des marchés agricoles d'ici jeudi, aucun engagement ne pourra être pris ensuite par les ministres des Finances», prévient la même source.

La régulation ne s'oppose pas à l'utilisation des dérivés. Pour preuve, dans le cadre du G20, la Banque mondiale et JPMorgan vont débloquer 200 millions de dollars chacun en «exposition de crédit» pour permettre au secteur privé d'accéder à 4 milliards de couvertures contre la volatilité de certaines matières agricoles.

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