La fin du nucléaire en Allemagne augmentera fortement les émissions de carbone d’ici à 2020

le 22/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au niveau européen, l'impact sera atténué par la faiblesse de l'industrie cimentière et sidérurgique en Europe du Sud, selon Deutsche Bank

La décision de sortir du nucléaire ne sera pas sans conséquence sur les émissions de carbone (CO2) de l’Allemagne d’ici à 2020. Derrière le charbon, à l’origine d’un quart de la production électrique allemande l’an dernier, les centrales nucléaires, qui n’émettent pas de gaz à effet de serre, assuraient en effet 22% de cette production, devant la lignite (20%), les énergies renouvelables (17%) et le gaz (16%).

Si 35% du courant produit dans dix ans devrait provenir des énergies renouvelables, selon le nouveau plan de la coalition au pouvoir, une étude que vient de publier Deutsche Bank souligne qu’une «grande partie de la production nucléaire manquante sur la période 2011-2020 sera remplacée par des énergies fossiles», essentiellement du charbon et du gaz, une augmentation des importations assurant le solde des besoins. En conséquence, la banque chiffre à 370 millions de tonnes l’accroissement des émissions de CO2 du secteur électrique allemand d’ici à 2020.

A l’échelle européenne, cette augmentation significative sera en grande partie neutralisée par des prévisions de croissance revues en baisse pour la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, auxquels il faut rajouter l’Irlande, selon la Deutsche Bank. Elle souligne que «les mesures d’austérité en vigueur dans ces différents pays auront pour effet de brider l’utilisation de leur capacité industrielle à court et moyen terme», en premier lieu dans le ciment et l’acier qui sont d’importants émetteurs de CO2.

Les analystes de Deutsche Bank ne tablent donc plus sur un retour de la production industrielle à son niveau d’avant-crise d’ici à 2013 dans ces pays. Ceci devrait se traduire sur la période 2013-2020 par une baisse de 350 millions de tonnes des émissions de CO2 en Europe par rapport aux précédentes prévisions de la banque qui laisse inchangés ses chiffres pour 2011 et 2012.

Par ailleurs, les incertitudes économiques de la région, combinées à l’introduction de quotas de CO2 payants à partir de 2013, conduisent les analystes de Deutsche Bank à davantage de prudence sur le prix de ces quotas d’émission. Alors que la tonne de CO2 est actuellement valorisée 15,5 euros sur le marché, ils prévoient désormais pour la fin de cette année «un prix de 17 euros contre 21 euros précédemment, et de 19 euros à fin 2012 contre 22 euros auparavant».

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