Le risque de crédit s’accroît pour les entreprises chinoises

le 16/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le difficile accès au financement, la croissance des salaires, et la hausse des ventes à crédit pèseront sur la santé des sociétés à court terme

Les trois quarts des entreprises chinoises n’attendent pas d’amélioration significative des comportements de paiement à court terme en Chine, constate l’étude annuelle de Coface. Ce pessimisme s’explique par le ralentissement de la croissance économique, attendue à +8,8% cette année, contre +10,3% en 2010, avec le retrait du stimulus fiscal, le resserrement de la politique monétaire et le moindre accès au crédit.

Comme les PME sont exclues du système bancaire, le crédit informel se développe très fortement, avec de nombreuses ouvertures d’établissements, qui appliquent des taux usuraires: «de 24 à 48% avec un collatéral, sinon jusqu’à 120% en zone côtière ou de 60 à 70% dans les provinces intérieures», souligne Constance Boublil, économiste de Coface. Ce qui accroît le risque de défaut, d’autant que les prêts sont souvent gagés sur des terrains dont les prix fluctuent fortement, et que le mécanisme des prêts interentreprises provoque un effet domino de défaillance. Au premier trimestre 2011, le crédit bancaire ne représentait que 57% dans le total du financement des entreprises, contre 96% en 2002 !

Autre inquiétude pour les marges des entreprises, la hausse du coût du travail. De 2000 à 2008 les salaires ont crû de 10% par an en moyenne, et ont même bondi de 20% en 2010 après le gel de 2009. Le rythme de 10% devrait se maintenir cette année estime l’assureur crédit. Mais dans les années à venir, avec le changement de mentalité – des Chinois plus individualistes – et avec la baisse de la population active entre 2011 et 2020, la main d’œuvre, plus rare, sera plus chère. Parallèlement, la hausse des salaires s’avère nécessaire pour dynamiser la consommation.

En attendant, les entreprises chinoises vendent de plus en plus à crédit (88%, contre 50% en 2005). La moitié le justifie par la nécessité de faire face à la concurrence et gagner des parts de marché, et 25% en raison des problèmes de trésorerie de leurs clients (8% en 2007). Un «point inquiétant», souligne Thierry Graffin, responsable arbitrage zone Asie.

En revanche, l’allongement de la durée standard de crédit de 30 à 60 jours, ne fait que s’aligner sur la moyenne mondiale de 60 jours pour les transactions domestiques. D’autant que les retards de paiement diminuent : deux tiers des entreprises en constatent contre la quasi-totalité en 2008. Ils sont aussi moins longs, les deux tiers de moins de 60 jours.

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