Les tensions inflationnistes en Chine atteignent un sommet

le 14/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si l’inflation a atteint 5,5% en mai, le ralentissement des nouveaux prêts et de la création monétaire semblent annoncer un apaisement des tensions

La politique de Pékin commence à porter ses fruits. Le Bureau national des statistiques chinois a indiqué ce matin que l'inflation avait atteint son rythme le plus élevé depuis juillet 2008 où elle avait atteint un pic de 6,3%, renforçant ainsi la probabilité de voir la banque centrale du pays poursuivre sa politique de resserrement monétaire. Le rythme annuel de hausse des prix à la consommation en Chine s'est accéléré au mois de mai à 5,5%, contre 5,3% en avril et 5,4% prévu par le consensus des économistes interrogés par Reuters. «Cela semble indiquer que de nouvelles hausses des taux sont probables ces prochains mois», estime Brian Jackson, analyste chez Royal Bank of Canada.

Ce rythme pourrait cependant n’être que temporaire, comme semblent le montrer les données publiées hier par la banque centrale. Les nouveaux prêts ont ainsi connu un ralentissement plus fort que prévu à 551,6 milliards de yuans le mois dernier, contre 739,6 milliards en avril (soit une baisse de plus de 25%) et 610 milliards anticipé par les économistes. Dans le même temps, la croissance annuelle de la masse monétaire «M2», indicateur avancé des tensions inflationnistes, a également connu un ralentissement à 15,1% en mai, contre 16,6% en avril et 15,4% anticipé par le consensus.

Un signe de l’efficacité de la politique de Pékin. La société de gestion GaveKal estime ainsi que «les banques chinoises font face à une situation de cash de plus en plus resserrée avec la hausse des contraintes sur le ratio de réserves obligatoires».

Un des paramètres attisant les tensions inflationnistes est l’afflux de capitaux étrangers. Les investissements en capital fixe ont progressé de 25,8% sur les cinq premiers mois de l'année. Or, du fait du contrôle des taux de change, la banque centrale chinoise doit convertir ces afflux de monnaies étrangères en yuan en faisant fonctionner la planche à billets, un mécanisme qui fait grimper l’inflation. Or, hier, deux officiels chinois ont appelé à abandonner une telle pratique.

Xu Nuojin, directeur de la banque centrale de Guangzhou a ainsi indiqué dans le Financial News que la Chine devrait créer un nouveau fonds souverain destiné aux opérations de change plutôt que d’accroître la masse monétaire. Parallèlement, Zhou Qiren, conseiller de la banque centrale, a proposé d’allouer des ressources fiscales à la politique de change du pays.

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