Les investisseurs privilégient les obligations sécurisées non périphériques

le 07/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les nouvelles obligations à l'habitat françaises ont animé le marché le mois dernier. Les émetteurs des pays core devraient rester actifs

Le mois de mai a été plus animé que d'habitude sur le marché des obligations sécurisées, ces titres adossés à des portefeuilles de prêts hypothécaires ou au secteur public. Le volume mensuel a atteint 22,3 milliards d'euros sur le segment en euro, toutes tailles d'émissions confondues, d'après la recherche crédit Natixis, pour qui il s'agit d'un mois de mai record, surpassant le sommet atteint en mai 2008, à 20,3 milliards. L'activité est donc sans comparaison avec le volume de 1,75 milliard placé en mai 2010, au moment du déclenchement de la crise grecque.

Le mois a été marqué par la multiplication des émissions d'obligations à l'habitat (OH) françaises, format en place depuis avril dernier. BPCE et la Société Générale sont venues sur le marché, en procédant à des émissions inaugurales. Par ailleurs, des émetteurs de covered bonds, après avoir transformé leurs structures, ont également émis des OH. Au total, les acteurs français ont représenté 38% du marché des obligations sécurisées, devançant ainsi leurs homologues allemands (25,8 %). Par ailleurs, UBS a procédé à la première émission d'obligations sécurisées suisse de l'année.

«Dans l'ensemble, seuls les émetteurs de pays 'core' ont eu accès au marché à des niveaux raisonnables», estime la recherche crédit de Natixis. Mais dans un contexte toujours perturbé par la crise de la dette périphérique, les émetteurs et les investisseurs ont privilégié les maturités courtes. 88% des émissions benchmark (d'une taille supérieure à 1 milliard d'euros), toutes devises confondues, ont affiché des maturités inférieures à 7 ans le mois dernier contre 62 % en avril, d'après Barclays Capital.

Pour les mois à venir, l'activité devrait rester soutenue, si la volatilité sur la dette souveraine reste contenue, poursuivent les analystes crédit de la banque britannique. Le marché primaire devrait ressortir à environ 20 milliards, en juin et en juillet, d'après leurs estimations. Le baromètre de Crédit Agricole CIB sur le marché des covered bonds confirme cette perspective d'une activité soutenue, mais seulement de la part des émetteurs des pays les plus solides. Côté investisseurs, l'indice qui reflète leurs anticipations pour le marché, ressort à 6,2, sur une échelle de 0 à 10, pour les émetteurs des pays core, et à 2,2 pour ceux d'Irlande et du Portugal.

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