Le Portugal fait le choix de la crédibilité budgétaire

le 06/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En choisissant d’élire le libéral centriste Pedro Passos Coelho, le Portugal opte pour une accélération de la rigueur et des privatisations

Le Portugal vote pour la confiance des marchés pour sortir de la crise politique. En créditant le Parti social-démocrate de centre-droit de 40,6% aux élections législatives qui ont eu lieu hier, mettant ainsi fin à six ans de règne du parti socialiste qui n’a obtenu que 28,5% des voix, le Portugal prend le chemin d’un renforcement des mesures d’austérité budgétaire et d’une accélération du programme de privatisations. Avec 51% des suffrages pour l'ensemble de la droite, c'est le libéral centriste Pedro Passos Coelho qui formera le nouveau gouvernement chargé de mettre en œuvre les réformes structurelles conditionnées au plan d'aide de 78 milliards d’euros.

Pedro Passos Coelho a été élu sur un programme qui souhaite aller «au-delà» des exigences de l'UE et du FMI en matière de privatisations mais aussi de réformes du marché du travail, des services publics ou encore de politiques sociales. «Les gens savent que le Portugal doit respecter ce qui a été négocié et nous allons le faire!» a-t-il indiqué vendredi. D’ailleurs, le directeur général d’IAG a évoqué dès ce matin la privatisation prévue d’Air Portugal (TAP), estimée à 500 millions d'euros. «Je pense que le gouvernement va poursuivre la privatisation» a indiqué Willie Walsh.

Le Portugal a reçu un prêt de 78 milliards, d’une durée moyenne de 7 ans et demi et assorti d’un rendement moyen de 5,1%, soit des conditions presque identiques à ce qui avait initialement été accordé à la Grèce. «Grâce à ces prêts, les besoins de financement du Portugal sont très largement couverts pendant trois ans» estime BNP Paribas. C’est le laps de temps dont disposera le nouveau gouvernement du pays pour réduire un déficit public de 9,1% du PIB et une dette qui se monte à 93% du PIB. L’Etat doit économiser 5,7 milliards d'euros dès cette année pour réduire son déficit à 5,9% du PIB.

Mais comme le précise le Crédit Agricole, «tout l’enjeu pour le Portugal est de s’extraire d’un régime de croissance faible qui caractérise le pays depuis de nombreuses années». Or, le Portugal devrait rester en récession de 2% en 2011 et 2012. Le Crédit Agricole estime néanmoins que la consolidation budgétaire du Portugal nécessiterait un excédent primaire de l’ordre de 3,3%, «une cible atteignable et ce même à retenir un scénario de croissance assez conservateur avec un rythme tendanciel autour de 1% à partir de 2014/2015».

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