L'emploi américain ravive les doutes sur la reprise

le 06/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux à dix ans est tombé à 2,94 % vendredi en séance, confirmant le rally des dernières semaines

Photo: Bloomberg

Après avoir créé 220.000 emplois en moyenne entre février et avril, l'économie américaine semble s'être essoufflée en mai. 54.000 postes seulement ont été ouverts en mai, ce qui a fait tomber les taux longs américains à 2,94% en séance vendredi. Ils sont ensuite légèrement remontés à 3%. Les Treasuries à dix ans qui font office de valeur refuge, poursuivent ainsi leur rally sur fond de crainte de ralentissement de l'économie américaine. En un mois, leur rendement s'est resserré de 24 points de base.

Les chiffres de l'emploi américain, présentés vendredi après-midi, sont ressortis très inférieurs aux attentes. Seules 54.000 créations de postes ont été recensées alors que les économistes en attendaient en moyenne 165.000. Cet indicateur est à son plus bas niveau depuis septembre 2010. Parallèlement, le taux de chômage est légèrement remonté à 9,1 % contre 9 % en avril. La durée moyenne de chômage est à son plus haut historique, à 39,7 semaines, relève Harm Bandholz, le chef économiste d'UniCredit pour les Etats-Unis. Selon lui, ces statistiques sont «extrêmement faibles».

Toutefois, les économistes estiment que ces mauvais chiffres n'annoncent pas un retournement de tendance pour le marché de l'emploi. Ils s'expliquent plutôt par des facteurs temporaires. Les ruptures des chaînes d'approvisionnement dans l'automobile suite au tsunami au Japon ont entraîné la suppression de 5.000 postes dans l'industrie. Dans le secteur de la distribution, le fait que Pâques soit tombé tard en avril, a repoussé à mai des destructions de postes. Les intempéries ont pénalisé le secteur des loisirs, dans lequel, par conséquent, 6.000 emplois ont été supprimés. Enfin, des entreprises ont renoncé à embaucher compte tenu de l'effet négatif sur leurs marges de la forte hausse des prix du pétrole. «Même si ces facteurs temporaires n’expliquent pas tout, l’emploi devrait regagner en dynamisme dans quelques mois, lorsque ces facteurs n’auront plus la même influence négative», indique Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP Paribas.

S'ils sont plutôt rassurants sur le marché de l'emploi, les économistes sont en revanche plus prudents sur l'évolution de l'économie américaine. Son rythme devrait ralentir. «Nous pensons que la croissance américaine ressortira à 2,5% en 2011, en dessous des anticipations de marché et des prévisions de la Fed du début d'année, indiquent les économistes de marché de BNP Paribas. (…) Nous entrons dans une ère de croissance plus modérée. Beaucoup d'ajustements structurels et géographiques importants sont en cours et constituent une limite de vitesse durable autour de 2%.» Dans ce contexte, les rendements des Treasuries pourraient rester bas pendant encore un ou deux mois. Après s'être détendus de 50pb depuis février sur les crédits à trente ans, les taux des prêts hypothécaires pourraient donc encore diminuer, ce qui serait favorable au secteur immobilier.

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