L'industrie de la gestion va devoir répondre au défi du développement de l'épargne longue

le 01/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour y parvenir, il faudra une remise à plat en matière de fiscalité, estiment les participants à une table ronde organisée par l'AFG

A l'occasion de son cinquantième anniversaire, l'Association française de la gestion financière (AFG) a invité les professionnels à se pencher sur les enjeux de la gestion d'actifs et du financement de l'économie dans les dix prochaines années. Dans un environnement où «la question de la soutenabilité va se poser de plus en plus, avec la rupture de l'équité intergénérationnelle ou le passif environnemental», selon Philippe Desfossés, directeur de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp), la capacité à soutenir l'épargne longue apparaît comme un défi de premier plan.

Dominique Carrel-Billiard, directeur général d'Axa Investment Managers, regrette d'ailleurs que la tendance soit d'inciter les investisseurs à aller vers des produits plus liquides et à tout focaliser sur le court terme. «En mettant tout le monde aux abris, on essaie de tuer le risque alors qu'on en crée d'autres», souligne-t-il. Ce développement de l'épargne longue devra s'affranchir de plusieurs contraintes, en particulier d'un alourdissement indiscriminé de la fiscalité de l'épargne et de l'impact de Solvency 2. «C'est pourquoi il nous faut un level playing field», réclame Jean-Baptise de Franssu, président de l'Efama, qui invoque également la nécessité de se placer dans une dimension européenne. L'AFG a réalisé à ce sujet un rapport prônant un allégement de la fiscalité sur les produits d'épargne longue, notamment investie en actions. 

Marc Renaud, président de Mandarine Gestion, estime pour sa part qu'il revient aussi aux professionnels «de transformer des opportunités, notamment le besoin en épargne longue, en capacité d'innovation». Et cela dans un contexte marqué par une intensification de la concurrence, une accentuation des pressions réglementaires et où le besoin de protection des épargnants sera encore plus important. Les axes de recherche académique dans ce sens se poursuivent, rappelle d'ailleurs Catherine Lubochinsky, professeur à l'université Paris II-Panthéon-Assas, qui évoque l'exemple des «variable annuities» (épargne-retraite en unités de compte). «Il n'y a pas de produit miracle», soutient toutefois Dominique Carrel-Billiard, qui considère qu'il faudra combiner différentes approches.

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