Le mur de la dette dans l’immobilier ne serait plus un problème

le 26/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’abondance des capitaux à investir dans le secteur dépasse largement les montants à refinancer, d’après le conseil en immobilier DTZ

Illustration: Fotolia

Le mur de la dette laisse sa place au mur de l’argent. D’ici à fin 2013, plus de 400 milliards de dollars seront disponibles pour être investis dans l’immobilier mondial d’après l’étude annuelle «Money into Property» du conseil en immobilier DTZ, alors que le besoin de financement s’élèvera «seulement» à 202 milliards de dollars.

C’est en Europe que l'on trouve le plus de prêts arrivant à maturité d’ici à fin 2013 et pour lesquels l’actuel ratio du prêt sur la valeur de l’actif ne permet plus un renouvellement de la dette. Ils s’élèvent à 118 milliards de dollars et se concentrent surtout sur le Royaume-Uni (42 milliards), l’Espagne (28 milliards) et l’Irlande (12 milliards). La tendance est cependant à l’amélioration. Les besoins de financement ont reculé de 6% par rapport à la précédente étude menée par DTZ en novembre 2010. Par ailleurs, les capitaux à investir dans la zone couvriraient largement ces besoins. Ils s’élèvent à 140 milliards de dollars, d’après les estimations de DTZ.

«Les investisseurs sont devenus très pragmatiques, explique Magali Martin, responsable de la recherche pour l’Europe continentale chez DTZ. Comme les opportunités dans les actifs de la meilleure qualité se réduisent, ils se tournent vers des biens plus risqués. Ils pourraient aussi se positionner sur le marché de la dette. Les fonds ayant une période d’investissement limité, ils étudient toutes les possibilités d’investissement».

Enfin, des intervenants non bancaires devraient apporter de nouvelles capacités de financement. Les assureurs sont en première ligne. Outre Axa, des poids lourds tels qu'Allianz, Canada Life, Aviva, Met Life et Legal & General ont annoncé leur intention de se lancer dans le secteur du financement de l’immobilier d’entreprise. D’après DTZ, les compagnies d’assurance pourraient engager environ 24 milliards d’euros dans la dette immobilière d’ici à fin 2013. «Toutefois, comme nous prévoyons que d’autres assureurs et peut-être des fonds de pension rejoignent les acteurs déjà sur ce marché, nous estimons que le montant pourrait atteindre 60 milliards d'euros», ajoute le conseil en immobilier.

En 2011, les investissements en Europe sont attendus en hausse de 20% à 164 milliards de dollars. A l’échelle mondiale, le volume de transactions devrait augmenter de 9% à 372 milliards, d’après DTZ.

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