Les investisseurs mettent les dettes italiennes et espagnoles sous pression

le 24/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ils s’inquiètent de la capacité politique des deux pays à mener à bien leurs programmes d’austérité. Rome va envoyer un signal au marché

Depuis plusieurs semaines, l’Espagne semblait à l’abri de la crise de la dette souveraine. Ses efforts en matière d’austérité étaient salués par les investisseurs. Par conséquent, les spreads sur la dette d’Etat s’étaient nettement détendus. Mais la lourde défaite du parti gouvernemental aux élections régionales ce week-end fait craindre une nouvelle phase de tension. Hier matin, le taux à dix ans s’est tendu jusqu’à 13 points de base (pb) à 5,61% alors qu’en début de semaine dernière, il ressortait à 5,25%.

Après le vote de sanction contre l’austérité budgétaire, «les marchés vont probablement craindre que la perspective des élections législatives de 2012 affaiblisse l’engagement du pays en faveur de la consolidation budgétaire», analysent les économistes de marché de BNP Paribas. Par ailleurs, la situation budgétaire des régions pourrait s’avérer plus mauvaise qu’annoncé jusqu’ici, suite aux élections régionales.

Toutefois, un changement de gouvernement ne remettrait pas en cause les engagements de l’Etat en matière de réduction des dépenses, d’après Antonio Garcia Pascual, économiste chez Barclays Capital. S’il arrive au pouvoir, «le Parti populaire devrait au minimum continuer le plan de consolidation fiscale initié par le gouvernement socialiste, estime-t-il. Donc, nous ne voyons pas un changement de gouvernement aux prochaines élections législatives comme une menace pour la consolidation fiscale; au contraire, nous nous attendrions plutôt à ce que le Parti populaire en accélère le rythme».

Les obligations d’Etat italiennes ont aussi souffert hier après l’abaissement par Standard & Poor’s de la perspective sur la note du pays, de stable à négative. Hier matin, le rendement à 10 ans sur les obligations d’Etat s’est écarté jusqu’à 11 pb à 4,88%, alors qu’il était descendu jusqu’à 4,59% en début de semaine dernière. L’agence de notation s’inquiète notamment de la faible croissance économique et de l'affaiblissement de la volonté politique de faire des réformes. En réponse, le ministre des Finances italien, Giulio Tremonti a rappelé la résistance de son secteur financier pendant la crise. «La consolidation budgétaire est en bonne voie en Italie», a par ailleurs souligné un porte-parole de la Commission européenne. Enfin, Rome va avancer à juin la publication d'un décret qui prévoit l'équilibre budgétaire en 2014, pour envoyer un signal aux marchés. 

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