La croissance de l'activité cale en zone euro

le 24/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'indice PMI composite a atteint un plus bas de sept mois sous les effets conjugués de la crise nippone et des mesures d'austérité en Europe

Le ralentissement se confirme sur le front macroéconomique. La croissance de l'activité a reculé plus que prévu au mois de mai en zone euro, selon les données préliminaires recueillies par Markit auprès des directeurs d'achats. L'indice PMI composite «flash», qui couvre industrie et services, s'est replié de 2,4 points sur un mois pour s'établir à 55,4. Un indice au-dessus du seuil de 50 points signifie une croissance de l'activité.

C'est le secteur manufacturier qui a payé le plus lourd tribut, même si les prix à l'approvisionnement ont reculé en raison d'un reflux des cours du pétrole. Cet indice spécifique a chuté de 3,2 points à 54,8, alors que les économistes l'attendaient en moyenne à 57,4. Pour la Société Générale, il s'agit «presque certainement du premier signe de l'impact du séisme japonais sur la production européenne». Une tendance similaire s'est dégagée en Chine avec un repli de l'indice PMI manufacturier HSBC-Markit de 0,7 point en mai à 51,1.

«La production industrielle a été fortement touchée en Allemagne (-3,8 points), ce qui, étant donné les liens commerciaux du pays avec l'Asie, indique l'impact du Japon», poursuit la banque française. Le baromètre IFO, qui mesure le climat de confiance des entrepreneurs outre-Rhin, doit être publié ce matin. Les prévisionnistes tablent sur un troisième mois consécutif de déclin, à 113,2 en moyenne.

Bien que les données préliminaires ne soient disponibles que pour la France et l'Allemagne, BNP Paribas considère que «l'aspect le plus inquiétant de ces statistiques est la divergence persistante entre les pays "core" de la zone euro et la périphérie». «Nous n'avons jamais cru à l'analyse du verre à moitié plein du marché selon laquelle l'Espagne pourrait éviter l'impact de l'austérité sur son PIB, ce qui a été le cas pour les autres pays périphériques», rappelle RBS.

Mais la bonne tenue de l'indice d'activité du secteur des services (-1,3 point à 55,4), qui se maintient à un niveau élevé, constitue un facteur encourageant. Pour Chris Williamson, chef économiste chez Markit, les données PMI des deux derniers mois suggèrent que la croissance de l'économie en zone euro n'a ralenti «que très modestement» à 0,7% lors du trimestre en cours (+0,8% au premier trimestre).

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