La Réserve fédérale livre quelques indices sur sa stratégie de sortie

le 19/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le retrait du stimulus devra passer par un relèvement des taux avant des cessions d'actifs, estiment les responsables de la Fed

Photo: Bloomberg

L'après-QE2 a constitué un sujet central du dernier Comité de politique monétaire (FOMC), dont la Fed a publié les minutes hier soir. Bien que la banque centrale précise que ces discussions sur la stratégie de sortie ne présagent en rien d'un resserrement monétaire imminent, les premiers indices tangibles ont commencé à filtrer. Les divisions étalées au grand jour lors de la réunion du 15 mars (lire l'Agefi du 6 avril) avaient perdu de leur vigueur, plus d'un mois après, au profit d'une ligne plus consensuelle sur la méthode à adopter.

Quasiment tous les participants ont ainsi estimé que la «première étape vers une normalisation» devrait être de cesser le réinvestissement des tombées de Treasuries. Une majorité s'est également prononcée en faveur d'une hausse des taux - «un outil actif» - avant de procéder à des cessions d'actifs selon un calendrier prédéfini. Les participants sont également convenus que le portefeuille de titres de la Fed, qui devrait atteindre 2.600 milliards de dollars le mois prochain, serait rétréci «à moyen terme».

Alors que Ben Bernanke, le président de la Fed, avait minimisé lors de sa première conférence de presse post-FOMC le spectre de l'inflation, les responsables de la politique monétaire semblaient hésiter sur l'analyse de la situation. Certains indiquaient qu'«il faudrait un changement significatif de la perspective économique, ou des risques pesant sur la conjoncture, avant de justifier un autre programme d'achat d'actifs». D'autres, en revanche, voyaient dans «l'accroissement des risques d'inflation le signe que les conditions économiques pourraient évoluer dans un sens qui obligerait le Comité à prendre des mesures vers une politique moins accommodante plus rapidement qu'anticipé actuellement».

Il faut dire que lors de cette réunion des 26-27 avril, le baril de pétrole se négociait à un niveau record depuis 2008. Et les anticipations d'inflation, mesurées par le point mort d'inflation tiré des TIPS à cinq ans (bons du Trésor indexés sur l’inflation), avaient grimpé à 2,41% contre 1,73% fin 2010. Mais depuis cette réunion, le baril de brut est tombé autour de 100 dollars et les anticipations d'inflation ont cédé 23 points de base. Ce reflux pourrait ainsi venir valider le sentiment de la Fed qui estimait en avril que cette hausse des prix des matières premières ne serait que «transitoire».

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