L'absence de transactions sur la dette grecque nourrit la volatilité des rendements

le 19/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon la Banque de Grèce, les volumes négociés en avril sur HDAT se sont élevés à 1,4 milliard d’euros contre 10,6 milliards un an plus tôt

Dans son point mensuel sur le marché de la dette souveraine hellénique publié mardi, la Banque de Grèce a rapporté un volume négocié sur le HDAT, le marché secondaire électronique dédié aux obligations gouvernementales grecques, de 1,4 milliard d’euros sur l’ensemble du mois d’avril. Soit un effondrement de 87% par rapport aux 10,6 milliards observés un an plus tôt à la même période. En mars, le volume avait atteint seulement 974 millions. L’activité moyenne journalière est ressortie en avril à 73,9 millions, comparé à 46,4 millions le mois d’avant. Une piètre amélioration. «L’intérêt des investisseurs s’est principalement focalisé sur les maturités inférieures à 3 ans», précise la Banque centrale.

Le manque de profondeur du carnet d’ordres nourrit la volatilité des rendements sur la partie court moyen terme de la courbe des taux. Celle-est particulièrement excessive sur les rendements à 3 ans. Ceux-ci sont passés hier de 23,40% à 24%, soit une variation journalière de 60 pb. Lors de la séance du 26 avril, ils s’étaient détendus de 24 pb pour se tendre de 132 pb, soit 156 pb d’amplitude.

Selon l’autorité monétaire, le marché a absorbé 1,05 milliard d’euros de transactions le mois dernier, ou 74% du volume négocié total. Sur 1.220 ordres exécutés sur le HDAT en avril, 85,3% l’ont été à la vente et 14,7% à l’achat. La plate-forme avait enregistré 834 ordres en mars, dont 67 % à la vente et 33 % à l’achat. «Il n’y pas d’acheteurs, mais personne ne veut vendre non plus à ces valeurs de marché. Même si les prix se redressaient de plusieurs points, nous ne vendrions pas. Le manque de liquidité soulève aussi un risque de manipulation des cours», indique le patron d’une gestion à Paris.

L'attitude de la BCE, qui n’a pas racheté de dettes de pays périphériques depuis le 25 mars (les achats ne transitaient pas par HDAT) n’arrange pas le souverain. Le PDMA, l’agence en charge de la dette publique, qui ne testera pas le marché primaire avant 2013, se contente de placer des bons du Trésor à 13 et 26 semaines à des taux prohibitifs. Le 17 mai, il a adjugé 1,625 milliard d’euros à 13 semaines offrant un taux de 4,06% contre 4,10% en avril. Ce placement aurait été acheté à hauteur de 31% par les investisseurs étrangers, d’après le directeur du PDMA.

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