Le FMI met en doute l'effort de redressement de la Grèce

le 19/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si le pays ne prend pas les mesures nécessaires, il pourrait s’écarter du programme établi avec les instances internationales, menace le FMI

Le Fonds monétaire international devient plus menaçant à l’égard de la Grèce. Le programme fixé en échange de l’aide de 110 milliards d'euros fournie en 2010 par le FMI et l’Union européenne «ne restera pas sur les rails si les réformes structurelles ne sont pas fermement dynamisées ces prochains mois», a averti hier Poul Thomsen, le responsable de la mission du FMI à Athènes lors d’une conférence de presse.

Dans la foulée, le gouvernement grec a donné des signes de bonne volonté. Alors qu’il traînait jusqu’ici pour lancer un programme de privatisations et de cessions d’actifs immobiliers, il a mandaté neuf banques grecques pour travailler sur ces opérations qui pourraient rapporter jusqu’à 50 milliards d'euros. Deutsche Bank et National Bank of Greece sont par exemple chargées de vendre 34% de la société de paris, Opap. Le ministre des Finances George Papaconstantinou s’est par ailleurs engagé à présenter dans les jours qui viennent un paquet de mesures pour réduire les dépenses de 6 milliards d'euros. La lutte contre l’évasion fiscale devrait aussi être renforcée. L’objectif est d’arriver à un déficit budgétaire de 7,6% du PIB en 2011, conformément au plan du FMI, contre 15,5% en 2009. «En l’absence de mesures supplémentaires, la Grèce ne pourra pas atteindre un niveau très inférieur à 10%», a prévenu Poul Thomsen.

Pour la Grèce, la pression est d’autant plus forte que le pays ne pourra vraisemblablement pas se financer sur les marchés l’an prochain. Athènes doit donc être en ligne avec le plan initialement mis en place pour obtenir un rééchelonnement de l’aide du FMI et de l’Europe ou une nouvelle ligne de leurs parts.

Le chemin vers une restructuration «douce» semble quant à lui encore semé d’embuches. Certes, les ministres des Finances européens ont évoqué cette possibilité en début de semaine. Mais la Banque centrale européenne, qui détient près de 50 milliards d'euros de dettes souveraines grecques s’y oppose fermement. «Une restructuration de la dette balaiera tout ou partie du capital des banques grecques, donc c'est une recette pour aller à la catastrophe», a mis en garde Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE. Une catastrophe qui pourrait en outre s’étendre aux dettes des deux autres pays aidés que sont l’Irlande et le Portugal.

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